Dhuoda

étude du Manuel pour mon fils écrit par Dhuoda pour son fils Guillaume

08 juin 2007

BENOIT DE NURSIE (480-547)

BENOIT DE NURSIE (480-547)

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Statue de saint Benoît
Chapelle
St-Paul-hors-les-murs

[ Rome, Italie ]

Il est né à Nursie en Italie. Cette ville se situe à une centaine de kilomètres au nord- est de Rome dans l'ancienne province de Valérie. Il reçoit le nom de Benedictus « Béni » qui devient Benoît par la suite.

Sa famille est assez aisée et profondément chrétienne. Elle donne à Benoît la possibilité d'aller étudier le droit et les lettres classiques à Rome, pour devenir fonctionnaire. C'est donc un adolescent que nous retrouvons dans la capitale en compagnie de son ancienne nourrice Cyrilla, qui est là, pour veiller sur son éducation à la demande de ses parents. Ils habitent dans les dépendances d'une petite église sur la rive droite du Tibre.

Mais Benoît est vite déçu par la morale douteuse de cette population romaine et encore plus des étudiants qui ne pensent qu'à s'amuser. L'enseignement décadent que l'on dispense dans les établissements scolaires ainsi qu'une culture trop mondaine, ne sont pas du tout à son goût. Ne pouvant plus supporter cette vie trop tapageuse, Benoît informe Cyrilla qu'il souhaite abandonner ses études pour se retirer du monde et se consacrer à Dieu. D'un commun accord, ils décident de fuir tous les deux vers le sud. Ils partent à pied et se dirigent vers l'est de Rome. Ils parcourent ainsi une cinquante kilomètres. Les voilà à Enfide, petite bourgade dans les montagnes à quelques distances de Subiaco.

Il s'installe avec sa nourrice, comme tous les voyageurs et les pèlerins à la recherche de Dieu dans l'hôtellerie qui jouxte l'église paroissiale. Il passe de longues heures dans cette petite église. Il écoute, s'instruit et prie.

Il attend le signe de sa vocation.

Elle va arriver d'une façon complètement inattendue, par l'accomplissement d'un miracle dont va témoigner sa nourrice à qui veut l'entendre.

Connu subitement, le bruit d'une gloire naissante fait fuir Benoît à nouveau mais cette fois, il abandonne sa nourriœ Cyrilla pour se réfugier à Subiaco. En chemin, tout près de l'endroit exactement où Néron se fit un construire un magnifique palais d'été, il rencontre fortuitement un moine nommé Romain qui vit dans un monastère dirigé par l'abbé Adéodat.

Benoît n'a qu'une idée en tête: se cacher des hommes et s'isoler de tout. Aidé par Romain il peut ainsi vivre retranché pendant trois ans dans une grotte complètement inaccessible et invisible tout près du monastère, ravitaillé seulement par son ami moine.

Grâce à ce dernier, Benoît porte l'habit monastique et peut continuer à étudier les textes sacrés. Hélas, arrive le jour où Romain ne vient plus, (mort ?) ce qui oblige certainement notre ermite à jeûner pendant un petit moment. Mais la providence divine veille et il est découvert par un curé de campagne qui lui apporte des provisions le jour gion. Les curieux mais aussi les villageois et aussi les bergers se pressent avec des fromages devant la grotte pour écouter Benoît. Puis quelques temps après, arrivent des moines de la communauté de Vicovaro qui se trouve à une trentaine de kilomètres de Subiaco qui lui demandent d'être leur abbé. Après une longue hésitation, il finit par accepter.

En 510, Il est à peine âgé de trente ans. Très vite, Il est surpris par l'étrange comportement de ces religieux qui sont loin des préceptes de saint Pacôme (institution de la première communauté religieuse). Il veut réformer sans tarder ce bizarre monastère qui est bien relâché selon lui.

Il est fermement décidé à œuvrer vers une observance plus stricte en imposant des horaires et une plus grande stabilité à l'intérieur de cette curieuse communauté.

Mais son inexpérience de la vie commune, sa jeunesse, sa rigueur ascétique, son intransigeance lui attirent l'incompréhension et la jalousie des religieux. Voyant que même l'opposition de ce groupe n'arrive pas à faire renoncer l'abbé dans sa ligne de conduite, il échappe de justesse à une tentative d'empoisonnement.

Déçu et profondément bouleversé, il s'en retourne à la solitude et à la vie contemplative dans la grotte de Subiaco. Mais pas longtemps car sa réputation est telle qu'il est bientôt rejoint par plus de cent cinquante compagnons qui souhaitent vivre avec lui en communauté.

Il réussit à obtenir une autorisation officielle pour habiter près d'un lac ou se trouve une somptueuse résidence publique ayant appartenu autrefois à Néron.

Il eut l'idée de diviser la communauté en douze petits monastères de douze moines chacun plus un monastère central dédié à Saint Clément qu'il se réserva.

A cette époque on va confier à Benoît l'éducation des enfants de la noblesse romaine. Deux enfants retiennent particulièrement l'attention de Benoît: Maur fils d'Euthicius et Placide fils de Tertullus haut dignitaire.

En 529, il fonde un monastère sur le Mont-Cassin. Peu avant de mourir, en 547, il rédige à partir de sa propre expérience sa règle.

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07 juin 2007

Benoit d'Aniane, ami de Guillaume de Gellone

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BENOIT D'ANIANE (750 -821)

Il est le fils d'un aristocrate languedocien wisigoth, Aigulphe, comte de Maguelonne. A cet effet, il passe toute sa jeunesse à la cour de Pépin le Bref, connu sous le nom de Witiza et devint tout naturellement échanson de la reine. Quelques années plus tard, vers 773, il participe avec Charlemagne à l'expédition contre les Lombards en Italie. Il est destiné à une brillante carrière militaire. Pourtant en 774, il décide de s'enfuir de la cour à la suite d'un événement dramatique en voulant sauver son frère d'une noyade. A partir de là, il prend la décision de se retirer du monde pour se convertir à la voie monastique.

Il se retire dans un monastère bourguignon, à Saint Seine les Dijon. Là, il étudie les nombreuses règles en usage (règle de Pacôme et de Basile mais aussi de Colomban). Elu abbé de ce monastère, il s'inspire des Pères orientaux et des Irlandais et applique une ascèse très rigoureuse. Pourtant malgré ses efforts il n'arrive pas à ramener ses frères à un mode vie plus stricte, qu'il trouve beaucoup trop relâché. Particulièrement déçu, il quitte l'abbaye bourguignonne au bout de six années et fonde avec quelques disciples son propre monastère en 780 sur les terres familiales à Aniane, près de Montpellier. Il se convertit une nouvelle fois et se choisit dès lors le nom de Benoît.

Aniane connut grâce à son abbé, un succès et un essor considérable. Il obtint de Charlemagne des lettres d'immunités et la reconnaissance de la liberté d'élection de l'abbé. Pour son monastère, Benoît adopta la règle de saint Benoît de Nursie mais il la modifia et la compléta avec la règle de Colomban. Il rédigea la « concorde des règles », s'appuyant sur ses commentaires de la règle de saint Benoît de Nursie. Plus de trois cent moines formés dans ce monastère s'éparpillèrent dans tout l'empire pour répandre la règle bénédictine, réformer les anciennes abbayes et en fonder de nouvelles.

Soutenu par Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, de l'abbé de Saint-Martin de Tours et l'évêque d'Orléans, Benoît en profite pour faire appliquer avec beaucoup d'intelligence la règle bénédictine dans plus de vingt monastères en Aquitaine, dont principalement Gellone, Saint-Savin et Massay. Le sud de la Loire va aussi progressivement profiter peu à peu de cette réforme.

Benoît D'Aniane se distingua tout particulièrement aussi dans la lutte contre l'Adoptianisme, considéré comme une hérésie par l'église. Propagé par Félix d'Urgel, évêque d'Urgel en Espagne et Elipand archevêque de Tolède, cette religion considère le Christ comme Dieu par nature mais comme homme par adoption de Dieu en tant que fils.

Comme Elipand se trouvait sur un territoire appartenant aux Maures, la paix lui fut relative mais par contre Félix d'Urgel lui fut obligé de se rétracter en 792 par la condamnation de Rastibonne. Selon le concile de Francfort, l'Adoptianisme fut réprouvé en 794. On ne sait si Benoît d'Aniane assista au concile mais en tout cas il fut aidé dans ce combat par Alcuin et Nebridius (abbé de Lagrasse jusqu'en 800 puis archevêque de Narbonne jusqu'en 828) ses deux amis. Charlemagne en 799 confia une mission à Benoît accompagné de Nebridius et de Leyrade archevêque de Lyon pour se rendre dans les marches d'Espagne pour mettre fin à l'adoptianisme.

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25 mai 2007

Saint Augustin

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Augustin est né en Afrique du Nord à Thagaste. Le 13 novembre 354 dans un milieu modeste ; son père Patricius, est un petit propriétaire foncier. Son éducation ne va pas sans poser quelque problème à ses parents de religion différente. Son père est très attaché à la région du paganisme romain alors que sa mère Monique est une fervente chrétienne.. Finalement c’est sa mère qui l’emporte et le jeune Augustin est élevé dans la religion maternelle. Dès qu’il est en âge, il se rend à Madaure pour étudier la grammaire puis plus tard à Carthage pour sa « rhétorique » Avec sa solide formation intellectuelle Augustin pense un temps à s’établir comme avocat mais s’oriente en fin de compte dans le professorat dans sa ville natale puis fonde une école de rhétorique à Carthage pour finalement s’installer d’abord à Rome et enfin à Milan.

Tourmenté par une vie trépidante, il s’éloigne au grand regret de sa mère de la religion. Vivant avec un amour de jeunesse dont il a eu un fils à 17 ans, Adéodat, il partage son temps entre la littérature, le théâtre et son constant désarroi métaphysique. .Il découvre la philosophie en lisant Cicéron lui donnant l’envie de découvrir la sagesse. Cicéron comme tous les praticiens romain a étudié la poésie, la rhétorique et le droit mais ajoutera un autre univers beaucoup plus rare à son époque, celui de la philosophie. Ciceron se veut un homme complet. La culture de l’esprit est presque chez lui un idéal d’un savoir universel. Il sera le premier homme d’état à vouloir tenter de concilier la nécessité de la pratique politique et la portée de la spéculation philosophique. Cicéron rêve d’une Cité républicaine où des hommes d’élite grâce à leur vertu, leur autorité et leur talent pourraient intervenir dans le respect du droit, de la raison et de la justice épaulés par des philosophes convaincants..

Quelques années plus tard Augustin approche le manichéisme et se convertit. Cette religion très en vogue séduit notre jeune Augustin, car elle souscrit l’individu à une vision dualiste et tragique du monde par le combat du Bien et du Mal. Cette religion insiste sur une morale ascétique car alors, l’âme pourrait obtenir son salut en s’arrachant au monde mauvais. Cette doctrine a tout pour plaire à notre jeune Augustin en proie à de multiples conflits intérieurs. Il y adhère et reste pendant neuf ans dans ce mouvement. La doctrine manichéiste était cette vieille conception qui professe la coexistence et la lutte éternelle de deux principes. L’un bon, symbolisé par la lumière, l’autre mauvais, figuré par les ténèbres et identique à la matière. Le père spirituel de cette vision du monde est Manès, né à Babylone en 216.

Mais à Milan, Augustin,  s’éloigne progressivement du Manichéisme grâce à l’influence du grand théologien chrétien Ambroise qui l'aide à découvrir le néo-platonisme. Intellectuellement le pas est franchi mais il n’a pas encore fait le pas vers le christianisme. C’est dans un jardin de Milan qu’il reçoit la révélation. Il va  entendre une voix qui pour lui ne peut être que Dieu.

A partir de là, il abandonne l’enseignement et se retire avec une poignée d’amis à Cassicacum pour approfondir la lecture sur les Evangiles mais aussi faire le point sur son existence. Il se fait baptiser en 387 par l’évêque Ambroise avec vœu de chasteté et vie de prière Il entreprend dès lors la rédaction de ses premiers dialogues philosophiques, puis entame trois ans de vie monastique pour avoir enfin les charges ecclésiastiques.

Devenu évêque d’Hippone en 395, il participe d’une façon fort active à tous les grands conflits qui secouent l’Eglise d’Afrique. Conjointement il produit une œuvre où se mêle la philosophie et la théologie Saint Augustin relie la philosophie à sa vie et surtout à son expérience de la culpabilité. Donc fatalement il ne pouvait pas faire autrement que de rejeter le manichéisme puisqu’il enlève toute faute à l’homme. Mais pour autant il refuse obstinément de croire à l’hérésie pélagienne qui prétend que l'homme, doté par Dieu du libre arbitre, peut pratiquer la vertu et atteindre le bien sans l'aide de la Grâce.. Mais Saint Augustin rétorque qu’en niant la nécessité de la Grâce, l’incarnation du Christ ne sert plus à rien si l’homme peut se sauver seul.

Fondamentalement, pour Pélage, point de péché originel alors que l’évêque d’Hippone lui démontre que la puissance des passions est liée au péché originel.

Mais un événement capital va obliger notre homme de foi à prendre position politiquement quand Rome est envahi en 410 par le Wisigoth Alaric, prélude à la chute de l’Empire romain en 476. Augustin en est particulièrement affecté car les détracteurs du Christianisme font campagne pour démontrer aux Chrétiens que Dieu n’a rien fait pour protéger Rome. L’évêque d’Hippone se décide alors à démontrer par des écrits argumentaires que Rome est toujours Chrétienne et produit une œuvre capitale entre 410 et 416 sur la théologie politique tout en la reliant à la réflexion et à la méditation sur l’histoire universelle, la «  Cité de Dieu ». Dans cet ouvrage, il y expose deux idées majeures : pour lui, il existe une Cité terrestre, fait d’hommes, de lois et de pouvoirs temporels mais aussi une Cité céleste composée de Chrétiens à la recherche de l’idéal divin. Pour Augustin, les deux cités sont à la fois distinctes mais ne peuvent pas exister l’une sans l’autre, car il reste persuadé que le pouvoir vient quand même de Dieu .mais qu’il réside en Dieu, puisque créateur de toute chose. Mais il souligne cependant que les régimes politiques ne sont liés qu’à la Providence, ce qui explique la fragilité dans un contexte historique.

Mais il reste intimement convaincu cependant que la cité céleste peut survivre à tout régime politique, soulignant ainsi au passage que le Christianisme n’a rien à voir avec les païens et la Rome décadente.

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22 mai 2007

Alcuin

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ALCUIN

Théologien anglo-saxon né à York vers 735 + Tours en 804.

Maître d’école en 766 après avoir terminé ses études à York auprès d’Aelbert et Eggbert. Il est envoyé en mission sur le continent, plus précisément à Rome pour obtenir le pallium pour le nouvel archevêque d’York, Eanbald. En route, il rencontre Charlemagne à Parme en 781 qui l’invite à venir à la cour. L’année suivante, il s’installe auprès du souverain. Devenu son conseiller et son professeur, il cumulera aussi les fonctions de précepteur des enfants royaux et la direction de l’école palatine d’Aix la Chapelle pendant huit années. Il ne retournera que deux fois dans son pays d’origine mais restera toujours en relation avec ses compagnons

Alcuin rejoignait ainsi le groupe des lettrés d’Aix la Chapelle : Pierre de Pise, Paulin d’Aquilée et Paul Diacre.

Charlemagne s’appuya largement sur Alcuin pour entreprendre dans tout l’Empire la réorganisation de l’enseignement en Occident.

Très rapidement le roi des Francs lui confia l’abbatiat de monastères en remerciement de sa lutte contre l’adoptianisme. Il fut abbé de Ferrières, Saint Loup de Sens, Flavigny, Cormery, Saint Josse et surtout Saint Martin de Tours en 796 où il se retira pour s’installer définitivement en 801 tout en correspondant avec Charlemagne.

A Saint Martin de Tours, Alcuin dirigeait plus de deux cent moines et s’occupait activement de l’école et du scriptorium en faisant venir des manuscrits d’York.

Il aura parmi ses élèves Raban Maur, le futur « précepteur de la Germanie ».

Alcuin est considéré comme le plus grand savant de l’époque. Il a laissé des œuvres touchant de nombreux domaines : la grammaire la rhétorique, l’histoire, l’exégèse, l’hagiographie avec la « Vie de Saint Riquier » celle de «  Saint Vaast » et la « Vie de Saint Willibrod ».Mais aussi, la poésie, la morale, la liturgie et la pédagogie.

Son «  Traité des Vices et des Vertus » qu’il adressa au comte Guy de Bretagne est un véritable manuel de vie et d’éthique chrétienne destiné aux nobles laïques.

Il laissera plus de 400 lettres destinées aux rois et aux grands laïques mais aussi aux ecclésiastiques Sa correspondance révèle non seulement un grand sens pédagogique pour instruire la politique et la religion mais il en ressort aussi un grand érudit capable de commenter Cicéron, Virgile et Lucain.

Charlemagne qui le tenait en grande estime, le pria de réviser le texte de la Bible. Après avoir retravaillé cette nouvelle version, Alcuin choisit la date de son anniversaire de son couronnement impérial en décembre 801, pour le lui offrir. Cette bible fut utilisée pendant des siècles dans tout l’Occident.

Alcuin finira ses jours complétement aveugle à l’âge de 75 ans en l’an 804.

Article publié par Marie de Mazan Tous droits réservés

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