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Augustin est né en Afrique du Nord à Thagaste. Le 13 novembre 354 dans un milieu modeste ; son père Patricius, est un petit propriétaire foncier. Son éducation ne va pas sans poser quelque problème à ses parents de religion différente. Son père est très attaché à la région du paganisme romain alors que sa mère Monique est une fervente chrétienne.. Finalement c’est sa mère qui l’emporte et le jeune Augustin est élevé dans la religion maternelle. Dès qu’il est en âge, il se rend à Madaure pour étudier la grammaire puis plus tard à Carthage pour sa « rhétorique » Avec sa solide formation intellectuelle Augustin pense un temps à s’établir comme avocat mais s’oriente en fin de compte dans le professorat dans sa ville natale puis fonde une école de rhétorique à Carthage pour finalement s’installer d’abord à Rome et enfin à Milan.

Tourmenté par une vie trépidante, il s’éloigne au grand regret de sa mère de la religion. Vivant avec un amour de jeunesse dont il a eu un fils à 17 ans, Adéodat, il partage son temps entre la littérature, le théâtre et son constant désarroi métaphysique. .Il découvre la philosophie en lisant Cicéron lui donnant l’envie de découvrir la sagesse. Cicéron comme tous les praticiens romain a étudié la poésie, la rhétorique et le droit mais ajoutera un autre univers beaucoup plus rare à son époque, celui de la philosophie. Ciceron se veut un homme complet. La culture de l’esprit est presque chez lui un idéal d’un savoir universel. Il sera le premier homme d’état à vouloir tenter de concilier la nécessité de la pratique politique et la portée de la spéculation philosophique. Cicéron rêve d’une Cité républicaine où des hommes d’élite grâce à leur vertu, leur autorité et leur talent pourraient intervenir dans le respect du droit, de la raison et de la justice épaulés par des philosophes convaincants..

Quelques années plus tard Augustin approche le manichéisme et se convertit. Cette religion très en vogue séduit notre jeune Augustin, car elle souscrit l’individu à une vision dualiste et tragique du monde par le combat du Bien et du Mal. Cette religion insiste sur une morale ascétique car alors, l’âme pourrait obtenir son salut en s’arrachant au monde mauvais. Cette doctrine a tout pour plaire à notre jeune Augustin en proie à de multiples conflits intérieurs. Il y adhère et reste pendant neuf ans dans ce mouvement. La doctrine manichéiste était cette vieille conception qui professe la coexistence et la lutte éternelle de deux principes. L’un bon, symbolisé par la lumière, l’autre mauvais, figuré par les ténèbres et identique à la matière. Le père spirituel de cette vision du monde est Manès, né à Babylone en 216.

Mais à Milan, Augustin,  s’éloigne progressivement du Manichéisme grâce à l’influence du grand théologien chrétien Ambroise qui l'aide à découvrir le néo-platonisme. Intellectuellement le pas est franchi mais il n’a pas encore fait le pas vers le christianisme. C’est dans un jardin de Milan qu’il reçoit la révélation. Il va  entendre une voix qui pour lui ne peut être que Dieu.

A partir de là, il abandonne l’enseignement et se retire avec une poignée d’amis à Cassicacum pour approfondir la lecture sur les Evangiles mais aussi faire le point sur son existence. Il se fait baptiser en 387 par l’évêque Ambroise avec vœu de chasteté et vie de prière Il entreprend dès lors la rédaction de ses premiers dialogues philosophiques, puis entame trois ans de vie monastique pour avoir enfin les charges ecclésiastiques.

Devenu évêque d’Hippone en 395, il participe d’une façon fort active à tous les grands conflits qui secouent l’Eglise d’Afrique. Conjointement il produit une œuvre où se mêle la philosophie et la théologie Saint Augustin relie la philosophie à sa vie et surtout à son expérience de la culpabilité. Donc fatalement il ne pouvait pas faire autrement que de rejeter le manichéisme puisqu’il enlève toute faute à l’homme. Mais pour autant il refuse obstinément de croire à l’hérésie pélagienne qui prétend que l'homme, doté par Dieu du libre arbitre, peut pratiquer la vertu et atteindre le bien sans l'aide de la Grâce.. Mais Saint Augustin rétorque qu’en niant la nécessité de la Grâce, l’incarnation du Christ ne sert plus à rien si l’homme peut se sauver seul.

Fondamentalement, pour Pélage, point de péché originel alors que l’évêque d’Hippone lui démontre que la puissance des passions est liée au péché originel.

Mais un événement capital va obliger notre homme de foi à prendre position politiquement quand Rome est envahi en 410 par le Wisigoth Alaric, prélude à la chute de l’Empire romain en 476. Augustin en est particulièrement affecté car les détracteurs du Christianisme font campagne pour démontrer aux Chrétiens que Dieu n’a rien fait pour protéger Rome. L’évêque d’Hippone se décide alors à démontrer par des écrits argumentaires que Rome est toujours Chrétienne et produit une œuvre capitale entre 410 et 416 sur la théologie politique tout en la reliant à la réflexion et à la méditation sur l’histoire universelle, la «  Cité de Dieu ». Dans cet ouvrage, il y expose deux idées majeures : pour lui, il existe une Cité terrestre, fait d’hommes, de lois et de pouvoirs temporels mais aussi une Cité céleste composée de Chrétiens à la recherche de l’idéal divin. Pour Augustin, les deux cités sont à la fois distinctes mais ne peuvent pas exister l’une sans l’autre, car il reste persuadé que le pouvoir vient quand même de Dieu .mais qu’il réside en Dieu, puisque créateur de toute chose. Mais il souligne cependant que les régimes politiques ne sont liés qu’à la Providence, ce qui explique la fragilité dans un contexte historique.

Mais il reste intimement convaincu cependant que la cité céleste peut survivre à tout régime politique, soulignant ainsi au passage que le Christianisme n’a rien à voir avec les païens et la Rome décadente.