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ALCUIN

Théologien anglo-saxon né à York vers 735 + Tours en 804.

Maître d’école en 766 après avoir terminé ses études à York auprès d’Aelbert et Eggbert. Il est envoyé en mission sur le continent, plus précisément à Rome pour obtenir le pallium pour le nouvel archevêque d’York, Eanbald. En route, il rencontre Charlemagne à Parme en 781 qui l’invite à venir à la cour. L’année suivante, il s’installe auprès du souverain. Devenu son conseiller et son professeur, il cumulera aussi les fonctions de précepteur des enfants royaux et la direction de l’école palatine d’Aix la Chapelle pendant huit années. Il ne retournera que deux fois dans son pays d’origine mais restera toujours en relation avec ses compagnons

Alcuin rejoignait ainsi le groupe des lettrés d’Aix la Chapelle : Pierre de Pise, Paulin d’Aquilée et Paul Diacre.

Charlemagne s’appuya largement sur Alcuin pour entreprendre dans tout l’Empire la réorganisation de l’enseignement en Occident.

Très rapidement le roi des Francs lui confia l’abbatiat de monastères en remerciement de sa lutte contre l’adoptianisme. Il fut abbé de Ferrières, Saint Loup de Sens, Flavigny, Cormery, Saint Josse et surtout Saint Martin de Tours en 796 où il se retira pour s’installer définitivement en 801 tout en correspondant avec Charlemagne.

A Saint Martin de Tours, Alcuin dirigeait plus de deux cent moines et s’occupait activement de l’école et du scriptorium en faisant venir des manuscrits d’York.

Il aura parmi ses élèves Raban Maur, le futur « précepteur de la Germanie ».

Alcuin est considéré comme le plus grand savant de l’époque. Il a laissé des œuvres touchant de nombreux domaines : la grammaire la rhétorique, l’histoire, l’exégèse, l’hagiographie avec la « Vie de Saint Riquier » celle de «  Saint Vaast » et la « Vie de Saint Willibrod ».Mais aussi, la poésie, la morale, la liturgie et la pédagogie.

Son «  Traité des Vices et des Vertus » qu’il adressa au comte Guy de Bretagne est un véritable manuel de vie et d’éthique chrétienne destiné aux nobles laïques.

Il laissera plus de 400 lettres destinées aux rois et aux grands laïques mais aussi aux ecclésiastiques Sa correspondance révèle non seulement un grand sens pédagogique pour instruire la politique et la religion mais il en ressort aussi un grand érudit capable de commenter Cicéron, Virgile et Lucain.

Charlemagne qui le tenait en grande estime, le pria de réviser le texte de la Bible. Après avoir retravaillé cette nouvelle version, Alcuin choisit la date de son anniversaire de son couronnement impérial en décembre 801, pour le lui offrir. Cette bible fut utilisée pendant des siècles dans tout l’Occident.

Alcuin finira ses jours complétement aveugle à l’âge de 75 ans en l’an 804.

Article publié par Marie de Mazan Tous droits réservés