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BENOIT D'ANIANE (750 -821)

Il est le fils d'un aristocrate languedocien wisigoth, Aigulphe, comte de Maguelonne. A cet effet, il passe toute sa jeunesse à la cour de Pépin le Bref, connu sous le nom de Witiza et devint tout naturellement échanson de la reine. Quelques années plus tard, vers 773, il participe avec Charlemagne à l'expédition contre les Lombards en Italie. Il est destiné à une brillante carrière militaire. Pourtant en 774, il décide de s'enfuir de la cour à la suite d'un événement dramatique en voulant sauver son frère d'une noyade. A partir de là, il prend la décision de se retirer du monde pour se convertir à la voie monastique.

Il se retire dans un monastère bourguignon, à Saint Seine les Dijon. Là, il étudie les nombreuses règles en usage (règle de Pacôme et de Basile mais aussi de Colomban). Elu abbé de ce monastère, il s'inspire des Pères orientaux et des Irlandais et applique une ascèse très rigoureuse. Pourtant malgré ses efforts il n'arrive pas à ramener ses frères à un mode vie plus stricte, qu'il trouve beaucoup trop relâché. Particulièrement déçu, il quitte l'abbaye bourguignonne au bout de six années et fonde avec quelques disciples son propre monastère en 780 sur les terres familiales à Aniane, près de Montpellier. Il se convertit une nouvelle fois et se choisit dès lors le nom de Benoît.

Aniane connut grâce à son abbé, un succès et un essor considérable. Il obtint de Charlemagne des lettres d'immunités et la reconnaissance de la liberté d'élection de l'abbé. Pour son monastère, Benoît adopta la règle de saint Benoît de Nursie mais il la modifia et la compléta avec la règle de Colomban. Il rédigea la « concorde des règles », s'appuyant sur ses commentaires de la règle de saint Benoît de Nursie. Plus de trois cent moines formés dans ce monastère s'éparpillèrent dans tout l'empire pour répandre la règle bénédictine, réformer les anciennes abbayes et en fonder de nouvelles.

Soutenu par Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, de l'abbé de Saint-Martin de Tours et l'évêque d'Orléans, Benoît en profite pour faire appliquer avec beaucoup d'intelligence la règle bénédictine dans plus de vingt monastères en Aquitaine, dont principalement Gellone, Saint-Savin et Massay. Le sud de la Loire va aussi progressivement profiter peu à peu de cette réforme.

Benoît D'Aniane se distingua tout particulièrement aussi dans la lutte contre l'Adoptianisme, considéré comme une hérésie par l'église. Propagé par Félix d'Urgel, évêque d'Urgel en Espagne et Elipand archevêque de Tolède, cette religion considère le Christ comme Dieu par nature mais comme homme par adoption de Dieu en tant que fils.

Comme Elipand se trouvait sur un territoire appartenant aux Maures, la paix lui fut relative mais par contre Félix d'Urgel lui fut obligé de se rétracter en 792 par la condamnation de Rastibonne. Selon le concile de Francfort, l'Adoptianisme fut réprouvé en 794. On ne sait si Benoît d'Aniane assista au concile mais en tout cas il fut aidé dans ce combat par Alcuin et Nebridius (abbé de Lagrasse jusqu'en 800 puis archevêque de Narbonne jusqu'en 828) ses deux amis. Charlemagne en 799 confia une mission à Benoît accompagné de Nebridius et de Leyrade archevêque de Lyon pour se rendre dans les marches d'Espagne pour mettre fin à l'adoptianisme.