BENOIT DE NURSIE (480-547)

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Statue de saint Benoît
Chapelle
St-Paul-hors-les-murs

[ Rome, Italie ]

Il est né à Nursie en Italie. Cette ville se situe à une centaine de kilomètres au nord- est de Rome dans l'ancienne province de Valérie. Il reçoit le nom de Benedictus « Béni » qui devient Benoît par la suite.

Sa famille est assez aisée et profondément chrétienne. Elle donne à Benoît la possibilité d'aller étudier le droit et les lettres classiques à Rome, pour devenir fonctionnaire. C'est donc un adolescent que nous retrouvons dans la capitale en compagnie de son ancienne nourrice Cyrilla, qui est là, pour veiller sur son éducation à la demande de ses parents. Ils habitent dans les dépendances d'une petite église sur la rive droite du Tibre.

Mais Benoît est vite déçu par la morale douteuse de cette population romaine et encore plus des étudiants qui ne pensent qu'à s'amuser. L'enseignement décadent que l'on dispense dans les établissements scolaires ainsi qu'une culture trop mondaine, ne sont pas du tout à son goût. Ne pouvant plus supporter cette vie trop tapageuse, Benoît informe Cyrilla qu'il souhaite abandonner ses études pour se retirer du monde et se consacrer à Dieu. D'un commun accord, ils décident de fuir tous les deux vers le sud. Ils partent à pied et se dirigent vers l'est de Rome. Ils parcourent ainsi une cinquante kilomètres. Les voilà à Enfide, petite bourgade dans les montagnes à quelques distances de Subiaco.

Il s'installe avec sa nourrice, comme tous les voyageurs et les pèlerins à la recherche de Dieu dans l'hôtellerie qui jouxte l'église paroissiale. Il passe de longues heures dans cette petite église. Il écoute, s'instruit et prie.

Il attend le signe de sa vocation.

Elle va arriver d'une façon complètement inattendue, par l'accomplissement d'un miracle dont va témoigner sa nourrice à qui veut l'entendre.

Connu subitement, le bruit d'une gloire naissante fait fuir Benoît à nouveau mais cette fois, il abandonne sa nourriœ Cyrilla pour se réfugier à Subiaco. En chemin, tout près de l'endroit exactement où Néron se fit un construire un magnifique palais d'été, il rencontre fortuitement un moine nommé Romain qui vit dans un monastère dirigé par l'abbé Adéodat.

Benoît n'a qu'une idée en tête: se cacher des hommes et s'isoler de tout. Aidé par Romain il peut ainsi vivre retranché pendant trois ans dans une grotte complètement inaccessible et invisible tout près du monastère, ravitaillé seulement par son ami moine.

Grâce à ce dernier, Benoît porte l'habit monastique et peut continuer à étudier les textes sacrés. Hélas, arrive le jour où Romain ne vient plus, (mort ?) ce qui oblige certainement notre ermite à jeûner pendant un petit moment. Mais la providence divine veille et il est découvert par un curé de campagne qui lui apporte des provisions le jour gion. Les curieux mais aussi les villageois et aussi les bergers se pressent avec des fromages devant la grotte pour écouter Benoît. Puis quelques temps après, arrivent des moines de la communauté de Vicovaro qui se trouve à une trentaine de kilomètres de Subiaco qui lui demandent d'être leur abbé. Après une longue hésitation, il finit par accepter.

En 510, Il est à peine âgé de trente ans. Très vite, Il est surpris par l'étrange comportement de ces religieux qui sont loin des préceptes de saint Pacôme (institution de la première communauté religieuse). Il veut réformer sans tarder ce bizarre monastère qui est bien relâché selon lui.

Il est fermement décidé à œuvrer vers une observance plus stricte en imposant des horaires et une plus grande stabilité à l'intérieur de cette curieuse communauté.

Mais son inexpérience de la vie commune, sa jeunesse, sa rigueur ascétique, son intransigeance lui attirent l'incompréhension et la jalousie des religieux. Voyant que même l'opposition de ce groupe n'arrive pas à faire renoncer l'abbé dans sa ligne de conduite, il échappe de justesse à une tentative d'empoisonnement.

Déçu et profondément bouleversé, il s'en retourne à la solitude et à la vie contemplative dans la grotte de Subiaco. Mais pas longtemps car sa réputation est telle qu'il est bientôt rejoint par plus de cent cinquante compagnons qui souhaitent vivre avec lui en communauté.

Il réussit à obtenir une autorisation officielle pour habiter près d'un lac ou se trouve une somptueuse résidence publique ayant appartenu autrefois à Néron.

Il eut l'idée de diviser la communauté en douze petits monastères de douze moines chacun plus un monastère central dédié à Saint Clément qu'il se réserva.

A cette époque on va confier à Benoît l'éducation des enfants de la noblesse romaine. Deux enfants retiennent particulièrement l'attention de Benoît: Maur fils d'Euthicius et Placide fils de Tertullus haut dignitaire.

En 529, il fonde un monastère sur le Mont-Cassin. Peu avant de mourir, en 547, il rédige à partir de sa propre expérience sa règle.