Dhuoda

étude du Manuel pour mon fils écrit par Dhuoda pour son fils Guillaume

23 janvier 2008

Chramn - suite et fin

Chramn ne souhaitant mettre au défi le clergé, quitta Dijon et fit une halte à Orléans. Delà, il épouse Chalda, la fille de Williachaire. Le roi Childebert 1er  entretemps meurt et sera enterré dans l'église saint Vincent (Saint Germain des Prés). Clothaire 1er s'empare de son royaume, d' Ultrogothe et les deux filles de Childebert. 

Chramn en profite pour essayer de se réconcilier  à Paris avec son père promettant fidélité. mais hélas, incapable de tenir sa promesse, il se sauve en Bretagne avec sa femme et ses enfants pour demander protection au comte de Bretagne  Chonobre. pendant ce temps, Williachaire tente de se sauver et de s'enfermer dans l'église de saint Martin de Tours. Se voyant quand même en danger, il provoqua un incendie dans l'église pour se protéger de ses agresseurs. Furieux, Clothaire prépar son armée et part au devant de Chramn. Cete  sanglante bataille contre les Bretons fut un  succès pour Clothaire. Chonobre fut tué et Chramn, capturé sera enfermé dans une cabane, ligoté sur un banc puis étranglé ; on mit le feu à la cabane y laissant Chramn , sa femme et ses enfants. 

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20 janvier 2008

Le siècle de Gontran - suite- Chramn

Dans l'Histoire des roi Francs de Grégoire de Tours, il nous est dit que le roi Clothaire avait eu sept fils : Charibert, Gonthaire, Chramn, Chidéric, Gunthraman (Gontran), Chilpéric et Sigebert et une fille Closinde qui épousa Alboin, roi des Lombards.Gonthaire, Chramn et Childéric décéderont du vivant de Clothaire 1er.

Chramn

Chramn est né vers 520 peut-être de Chusinde ou Gontheuque,fille du roi des Burgondes Gondebaud . Mariée à Clodomir roi d'Orléans, elle eut trois enfants : Théobald né vers 520, Gonthaire né vers 523 et  Clodoald.

Théobald et Gonthaire furent assassinés par les frères du roi d'Orléans, pour s'approprier sa part du royaume à son décès. Le seul survivant sera Clodoald qui sera sauvé par l'entourage de Clodomir. Il sera connu plus tard sous le nom de saint Cloud.

Gontheuque, veuve de Clodomir serait devenue l'épouse de  Clothaire 1er uniquement  pour agrandir son royaume.

De son mariage avec Clothaire 1er : Clodeswinthe, Gondevald et Gothard

Grégoire de Tours signale un certain Gondevald  né vers 530 qui se dit être le fils de Gontheuque et de Clothaire 1er et demande sa part du royaume.  Gondevald a été élevé à la cour de Constantinople et c'est Gontran-Bose  qui en 577, alla chercher Gondevald. Celui-ci  sera tué sans pouvoir démontrer ses prétentions.

Dans des traductions différentes sur l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours, Chramn serait le fils de  Chusinde.

Le roi Clothaire 1er éloigna son fils Chramn de la cour et l'envoya à la tête du royaume d'Auvergne en remplacement de son neveu Théodebald qui venait de disparaître. Théodebald est né vers 535 de Théodebert 1er et de Deutéria. Il épouse en 552, une princesse lombarde Wuldrade. Ell est la fille du roi lombard Wacco  mais aussi la soeur de Wisigarde, seconde épouse du Théodebert 1er. N'ayant eu qu'une fille, Théodelinde, qui se mariera avec Ago, roi des lombards.

Son royaume reviendra donc à Clothaire 1er.

Au décès de Théodebald, Clothaire 1er s'empresse d'épouser sa veuve. De cette union, ils auront une fille nommée Blithilde qui épousera le moment venu le maire du Palais d'Austrasie Ansbert ferréol.

Mais le clergé est très mécontent et force Clothaire 1er à se débarasser de Wuldrade. Du coup, Clothaire  va la marier à Garivald, roi de Bavière tout en gardant les biens de Théodebald.

Fort content de ce joli coup, Clothaire a considérablement agrandi son royaume.

Lassé par les incartades de conduite de son fils Chramn, Clothaire envoie donc son fils Chramn  en Auvergne. Mais Chramn décide très vite de reprendre la politique de terreur  de son oncle  le roi d'Austrasie,Thierry 1er.

Intrigues, complots, débauches sont entretenus et provoqués par Chramn. L'aristocratie est impuissante devant un tel personnage qui n'hésite pas à massacrer lors d'une opposition.

Petit à petit, germe l'idée de s'approprier la couronne d'Auvergne qui appartient à son père. Pour ce faire, il se rend à Poitiers et envoie ses émissaires au roi de Paris pour convaincre Childebert 1er de participer à son projet. Trop content à l'idée de dépouiller son frère Clothaire, Childebert accepte ce plan. ne perdant pas de temps, Chramn est déjà Limoges qui capitule rapidement. Mis au courant, Clothaire, somme son fils de lui rendre ses biens et sa couronne. Devant le refus de son fils, Clothaire envoie Gontran et Sigebert qui se rendent à NIgremont entre Clermont-Ferrand et Aubusson pour livrer bataille. Chramn a l'idée pour arrêter le conflit d'annoncer à ses deux frères que leur père vient de mourir en bataillant contre les Saxons. Du coup, Gontran et Sigebert retourne dans le royaume de leur père.

Chramn continue à assieger les villes. Châlons ne résiste plus. Maintenant il va vers Dijon. mais le clergé n'est pas favorable à reconnaître comme roi l'ambitieux jeune homme.  ( à suivre)

 

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16 janvier 2008

note sur Gontran

  1. Note personnelle sur DHUODA LA CAROLINGIENNE PAR JOCELYNE GODARD

"que la souche noble de Dhuoda remontait au siècle de Gontran, roi de Bourgogne et petit fils de Clovis "

8gONTRAN

Entrevue entre Gontran et Childebert II. Enluminure des  "Grandes Chroniques de France", Paris, XIV°s, folio 50, conservé à la Bibliothèque Nationale de France.

GONTRAN (corbeau de guerre ou encore brave au combat)

Il est le fils du roi de Neustrie  Clothaire  et de Ingonde. Clothaire 1er est le fils de Clovis et de Clotilde. Ingonde est  née vers 510 de Balderic de Thuringe. Elle est la seconde épouse du roi Clothaire 1er. De leur mariage  vers 517, restera 4 fils vivants dont   Caribert , Gontran Chilpéric  et Sigebert 

En 561, Gontran  hérite d’une partie de l’Aquitaine et de la Provence et d’un nouveau royaume orléanais tout en restant le seul maître de la Bourgogne enfin soumise. Gontran à l’inverse de ses frères, réside dans son royaume aussi bien à Châlons-sur-Saône qu’à Orléans. Par la suite il échange avec Chilpéric la Touraine contre le Sénonais.

En 587, Gontran  adopte le fils de Sigebert et de Brunehilde, Childebert II qui reprendra le royaume de Gontran en 593 qui décède à l'âge de 48 ans.

Les concubines  et les épouses de Gontran :

  • Vénérande qui lui donnera un fils Gondebaud

  • Marcatrude épousée vers 565. Ell est la fille du duc Magnacaire. Elle décède en 566

  • Austregilde, surnommée Bobilla  servante de Marcatrude. épousée en 567. Ils auront trois enfants 

  • - Clothaire

  • - Clodomir

  • - Clotilde et Clodeberge

  • et enfin il épousa  en dernière noceThéodechilde la veuve de Caribert 1er.

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17 décembre 2007

Les comtés au temps de Charlemagne

suite notes personnelles sur l'ouvrage de Jocelyne Godard : Dhuoda La carolingienne

Le comte est le "compagnon du Prince" a qui l'on a assigné un territoire, nommé comté ou pagus. Mais le comté sous Charlemagne n'était pas immuable et des variations dues à des découpages plus ou moins vastes. Il a été recensé environ 200 à 250 comtés sous Charlemagne. L'étendue de ces territoires étaient beaucoup plus importantes dans la moité méridionale de la Gaule et en Italie, qui souvent correspondaient aux anciennes cités romaines dont les limites étaient le diocèse.

Le comte avait un notarius auprès de lui  sur les instances de Charlemagne. Le notarius est un scribe qui rédige les actes de l'administration.

Egalement près du comte, il pouvait se trouver un vicomte nommé par le comte mais avec l'agrément de l'Empereur. Mais on le trouve rarement cité sauf dans la région occidentale de l'Empire. Quelquefois, un viguier suivant la dimension du territoire placé sous la seule autorité du comte. Le tribunal qu'il préside ne lui autorise qu'une compétence limitée puisqu'il auditionne que les causes mineures ou petits délits. Les causes majeures étant réservées d'office au comte.

le comte doit représenter localement son souverain. De ce fait il a un pouvoir administratif, financier, juridique et militaire. Il doit faire appliquer tous les ordres royaux.

Pour les taxes et les divers dons, le comte perçoit les droits si le souverain en exige le paiement à ses sujets. Toutes les dépenses à l'intérieur du pagus sont sous la responsabilité du comte. Il fait faire l'entretien des ponts et des routes. Dans le cas d'un excédent de recette, il est prié de l'apporter à la chambre royale.

Il s'occupe du maintien de l'ordre, de la police locale et préside le tribunal public dont il prononce les sentences et perçoit les amendes. C'est le comte également qui recrute et commande le contingent armé qu'il doit fournir à l'ost royal.

Le comte n'est pas  appointé et ne reçoit pas de salaire régulier. mais la dotation en terre compose son "honneur". Il dispose temporairement  d'une partie des domaines fiscaux limité à son territoire. Peuvent s'ajouter des revenus fonciers de monastères laïcs dans son pagus.

Les revenus d'un comte peuvent être importants si en plus on ajoute les possessions patrimoniales plus les bienfaits du souverain. Il est considéré comme un grand  et riche propriétaire foncier et  se trouve au-dessus de l'aristocratie terrienne qu'il administre et commande. 

On peut dire qu'en général, l'administration autour des comtes  dans l'Empire Carolingien se situait autour de 2000 à 3000 personnes y compris les services du Palais.

 

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13 décembre 2007

notes personnelles - suite_

les frères de LEUTHARD

Le comte Gérard 1er (nommé Comte de Paris en 753 + 778) se marie avec Rotrude , fille de Carloman ( Carloman est le fils de Charles Martel et de Rotrude de Trèves): 4 enfants

Etienne épouse Amaltrude

Leuthard  devient comte de Fézensac ( reprend la charge de Comte de Paris au décès de Bégon)épouse Grimhilde

Bégon ( devient comte de Paris en succédant à son père+ 816)épouse Alpaïs qui est une fille de Louis Le Pieux . Il était surnommé "L'ami du roi".

Il devient comte de Toulouse(incorporant la Septimanie) en remplacement de Guillaume de Gellone en 806 puis devient Chambrier du Roi Louis d'Aquitaine.

Puis comte de Paris

Chrothilde reste célibataire

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09 décembre 2007

notes personnelles- suite -

Adrien ( 760-821)comte d'Orléans, comte palatin, neveu de la reine Hildegarde épouse waldrade de Wormsgau. De cette union, 3 enfants.

D'après les conclusions de Régine Le Jan, Waldrade serait une soeur de Guillaume de Gellone et d'Adelhelm,groupe d'alliance avec Thierri et Alda. (Famille et Pouvoir dans le Monde Franc page 212-213)

Le premier fils est Eudes d'Orléans (790-834) petit-fils de Gérold qui épouse Engeltrude de Fézenzac, petite-fille de Gérard de Paris par son père Lieuthard :

Lieuthard  est le fils de Girard 1er. Il se marie avec Grimild

Lieutard, arrive en Aquitaine à la demande de Charlemagne vers 781. Il reçoit le comté de Fézensac vers 801.Il participe à la prise de Barcelone en 803, puis au siège de Tortose en 809.

Lieuthard et Grimild  auront 3 enfants :

Girard - Alard et Engeltrude.

Girard épouse Berthe, fille de Hugues de Tours dit "Le Peureux" aux alentours de 819

Il reçoit les comtés  de Lassois, Avallon et Vézelay  en Bourgogne.

mariage_girart_berthe

Mariage de Girart et Berthe. Miniature du Roman de Girart de Roussillon.Vienne (Autriche) – vers 1450

vezelay

Miniature extraite de la Chronique de Vézelay par Hugues de Poitiers
fol. 22 : copie du testament du comte
Gérard de Roussillon, fondateur de Vézelay
représenté avec sa femme Berthe - ms., B.M. d’Auxerre
© atelier photographique des archives départementales de l’Yonne

(à suivre)

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08 décembre 2007

Hildegarde De Wintzgau (note personnelle)

Charlemagne remarque Hildegarde a l'âge de 13ans, et l'épouse en 772 à Aix la Chapelle. Après avoir mis au monde au moins 9 enfants, elle décède, épuisée par ses maternités à l'âge de 26 ans à Thionville, soit le 26 avril 783.

Hildegarde est née en 757.

Ses parents sont Gerold 1er comte de Vintzgau et d'Emma d'Alémanie.

Gérold 1er est né vers  725 et décède vers 786. Il est le fils de hado de Vintzgau et de Gerniu de Suevie

il épouse Emma d'Alémanie, fille du duc aléman Nebi, arrière petite fille du duc Godefried  d'Alémanie.

4 enfants :

Hildegarde ( 757-783) épouse Charlemagne

Adrien ( 760-821)comte d'Orléans, comte palatin, épouse waldrade de Wormsgau.

1 fils sous le nom de Eudes d'Orléans (790-834) qui épouse Engeltrude de Fézenzac : 3 enfants

- Ermentrude d'Orléans(825-869) épouse Charles le Chauve

-Guillaume d'Orléans (?-866)comte d'Orléans. décapité sur ordre de Charles le Chauve pour trahison

-Engeltrude épouse Aubri, seigneur de Sens

Uldarich ou Odalric

Gerold II de souabe comte de Vintzgau.

Descendance de Charlemagne et de Hildegarde de Vintzgau :

          Charles (772-811)

         Adélaïde (773-774)

         Rotrude (775-810)épouse Rorgon, comte du Maine

         Pépin (777-810)dit Carloman,roi d'Italie

         Louis Ier (778-840) roi d'Aquitaine puis Empereur d'Occident (814-840)

          épouse : Theudelinde de Sens(793) - Ermengarde de Hesbaye (798) puis Judith de Bavière (819)

          Lothaire (778-779)

         Berthe (779-823) épouse en 795 Angilbert de Ponthieu (?-814)

          abbé de saint Riquier

        Gisèle (781-814)

        Hildegarde (782-783)

(à suivre)

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05 décembre 2007

Dhuoda la Carolingienne

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Les Editions Semaphore - 1997

Présentation de l'éditeur
Après la mort de Charlemagne, son fils Louis, seul héritier, partage l'immense empire entre ses trois fils. Mais il se remarie avec Judith de Bavière et de cette union naît un quatrième garçon, Charles. Voulant sans cesse agrandir leur territoire et ne cherchant nullement à préserver l'unité du royaume, les petits-fils de Charlemagne entretiennent d'incessantes querelles durant plus de trente ans. Ces conflits successifs affaiblirent le colossal territoire qu'avait constitué l'empereur. Dhuoda, femme de haute culture, épouse du duc de Septimanie, est l'héroïne de ce roman. Partagée entre les attirances spirituelles et les événements quotidiens, elle se nourrit de lectures, vit les grands émois de l'écriture et entretient sa passion pour les enluminures des parchemins. Mais elle subit aussi la cruelle déception de ne pouvoir élever ses deux fils, gardés en otages à la cour de Charles le Chauve. Dhuoda, qui trouva des compensations dans le bonheur d'écrire, nous laissa un bel héritage littéraire. Auteur du Manuel pour mon fils, elle figure au premier rang des écrivains de son époque, alors que celle-ci l'avait complètement ignorée.

note personnelle :

Dans le  livre, qu'il faut considérer avant  tout comme une vie romancée de Dhuoda,  j’ai relevé quatre annotations intéressantes page 10 :

1° Jocelyne Godard considère Dhuoda comme la fille d’une petite cousine d’Hildegarde, mère de Louis le Pieux

2° que la souche noble de Dhuoda remontait au siècle de Gontran, roi de Bourgogne et petit fils de Clovis

3°J.Godard pense que les parents de Dhuoda furent tués à Byzance dans les querelles de l’iconoclastie et la laissèrent orpheline.

4° « Elle fut dotée de territoires en Bourgogne et en Austrasie que l’on plaça sous la tutelle de Louis le Pieux, roi des Francs. Elle fut ensuite élevée à la cour d’Aix avec les nombreux petits enfants de Charlemagne ».

(à suivre)

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18 septembre 2007

notes personnelles A propos des Juifs en Gaule - 1 -

Une légende persistance indique que les Juifs sont arrivés en Gaule contraints et forcés  à partir de 70 après la destruction du Temple de Jérusalem. On sait  que des condamnés politiques romains ont été exilés mais que parmi eux des notables  juifs se trouvaient dans les mêmes coonditions.

Probablement, le peuplement d'une colonie juive s'est fait  dès l'antiquité en France.  Mais c'est à partir du IVème siècle que l'on peut dire véritablement que, dans la vallée de la Saône et du Rhône, qu'une linstallation est durable.

C'est en 465, que l'Eglise reconnaît officellement les Juifs.  Dès le VIème siècle, l'implantation juive est recencée sur de grands axes commerciaux à Marseille,  Arles, Uzès, Narbonne, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Orleans et  Paris. Des synagogues furent construites pour le lieu de culte. Grégoire de Tours cite historiquement  la première  synagogue qui sera détruite en 576  à Clermont-Ferrand.

Si on regarde bien le rôle d'une synagogue, c'est un lieu de prière, de rassemblement des fidèles mais ausi un lieu d'étude. C'est là, que l'histoire de la communauté se raconte, se transmet, s'étudie. On enseigne la langue hébraîque aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Le rabbin est un professeur. La différence entre le monde chrétien et les juifs apparaît naturellement puisque le juif ne peut absolument pas être inculte par ce procédé.

Les fameuses lettres de Sidoine Apollinaire ( 470 et 473 ) dédiées à son ami Félix de Narbonne citant le Juif Gozolas :

Gozolas, juif de nation, client de ta grandeur, pour qui je me sentirais de l'affection, si je ne méprisais sa secte, te porte une lettre que je t'ai écrite, le cœur grandement affligé. Les armes des nations qui nous entourent épouvantent notre ville, devenue, pour ainsi dire, une barrière entre leurs limites. Placés comme une triste proie au milieu de deux peuples rivaux, suspects aux Burgondes, voisins des Goths, nous sommes exposés à la fureur de nos ennemis, et à l'envie de ceux qui nous défendent. Mais nous parlerons une autre fois de ceci. Cependant, si tout marche parfaitement chez vous, c'est bien. Car, quoique nous soyons punis ouvertement pour des crimes cachés, nous n'avons point un cœur si mal fait, que nous ne désirions de voir le bonheur régner dans les autres contrées. Assurément, celui-là n'est pas moins l'esclave des vices que des ennemis, qui même en des temps mauvais ne sait point former des vœux favorables. Adieu.

Quand Pépin le Bref s'empare en 759 de Narbonne, c'est grâce au concours militaire des goths mais aussi grâce au soutien et à la participation des Juifs. A cet effet, le roi partage la ville en trois : un quartier pour le comte, un quartier pour l'évêque et le dernier pour les Juifs. Vivant en bonne intelligence avec les carolingiens, la communauté de Narbonne aura le privilège de posséder héréditairement des biens sans redevances. De là, s'étendront des communautés à Carcassonne,  Toulouse,  Châlons sur Saône, Sens et Metz.

Il semblerait que l'assimilation Goths et Juifs se confondent  sous Pépin le Bref. Milon devient comte pour les Francs sans pour autant abandonner son titre de de roi des Goths. Le roi assure le maintien de leurs lois, et ils continuent à battre monnaie. Plusieurs Goths vont devenir comtes se sentant sous bonne  protection.   Pépin obtiendra ainsi  une longue fidélité

A la mort de Milon, c'est Guillaume, cousin de Charlemagne qui lui succède.Il est le fils de Thierri comte d'autun, celui qui a pris Narbonne pour Pépin le Bref et qui restera célèbre sous le nom d'Aymeri de Narbonne.  Jean Favier pense que Thierri peut être le neveu de la reine Plectrude, épouse de Pépin II.

Plectrude est la fille du comte palatin  Hugobert et Irmina D'Oeren  (près de Trèves).

Irmina d'Oeren est la fille de Théodard d'Oeren, évêque de Maastrich. Ell épouse Hugobert d'Echtenach , sénéchal de Bavière, comte du palais d'Austrasie. C'est une de ces filles Chrodolinde ou Rolinde qui épousera Bernarius de Laon d'où naîtra Thierri comte d'Autun qui sera le grand-père de ce Thierry qui nous intéresse et qui se mariera avec Aude (fille de Charles Martel et de Rotrude de Gellone) d'où Guillaume de Gellone.

Le pape Etienne III écrit en 768 à son archevêque Aribert de Narbonne pour lui faire part de son grand mécontentement à propos des décrets des rois francs permettant aux Juifs d'avoir un accès  à la propriété et de ce fait embaucher  des chrétiens pour travailler leurs champs.  L'Eglise essaie d'écarter les Juifs du domaine agricole et promet la liberté aux paiens désireux de se convertir au christianisme

Sous Charlemagne, la communauté juive est traitée avec bienveillance et  se donne avec zèle à l'étude de la Loi. Des chrétiens vont s'éveiller à la culture judaîque au point de vouloir se convertir à la religion juive.  Les juifs du royaume sont protégés contre le clergé mais aussi certains dignitaires. Ils  peuvent  voyager et se déplacer librement.

Si on en croit Arthur Kleinclausz dans "Charlemagne" page 190 " parmi les hommes que Charlemagne plaça dans ces postes d'honneur et de combat, parce qu'il il  avait mis en eux toute sa confiance, figurent Guy, Roland et audulf pour la Bretagne, Gérold pour la Bavière, Eric pour le Frioul et Guillaume de Toulouse  pour la frontière  pyrénéenne. Avec Roland, ces trois derniers sont les plus célèbres. issu d'une illustre famille strasbourgeoise, "puissant par les armes, subtil par l'esprit, Eric, dit avec emphase son épitaphe, dompta les redoutables nations barbares comprises entre le danube et Drave, et celles que cachent les roseaux du Palus Méotides". Gérold était le beau-frère de Charlemagne, qui avait épousé sa soeur Hildegarde. Tous deux périrent les armes à la main, en combattant "la tourbe des infidèles", et leur mort, considérée comme un martyre, fut pleurée par le roi, parce qu'ils étaient  " de ces braves qui gardèrent  et étendirent les bornes chrétien". Guillaume de Toulouse dont le père, le comte Thierri, mourut aussi à l'ennemi, ne fut pas seulement l'un des plus fidèles conseillers du roi, mais ses brillants exploits contre les Arabes devaient lui " valoir un éternel honneur". les uns et les autres partageaient la religion de leur maître et trouvèrent en elle le soutien de leurs armes".

à suivre)

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13 septembre 2007

sociétés secrètes

C'est un ami qui m'a signalé ce livre. En effet, Alexandre Adler parle de Guillaume de Gellone, des chevaliers juifs, l'école rabbinique de Gellone et la position carolingienne face à la pensée juive et les rapports avec le pouvoir royal.

Si je reviens souvent sur Guillaume de Gellone, c'est qu'il est intéressant à plus d'un titre, puisqu'il est le beau-père de Dhuoda, elle-même mariée à son fils Bernard duc de Septimanie et comte de Barcelone qui sera un moment chancelier de Louis le Pieux avant d'être destitué, puis plus tard assassiné par Charles le Chauve à Toulouse.

Je note ici certains passages du livre  que je vais commenter au fur et à mesure de mes travaux.

page 234

Ce qui existe, en revanche, et n'est pas moins mystérieux, c'es le "Roi des juifs", c'est-à-dire un personnage dont l'existence apparaît pour la première fois sous le règne de  Charlemagne, mais qui lui est quelque peu antérieur.

Ce roi des juifs est bel est bien domicilié à Narbonne, à quelques kilomètres des Corbières et de cette région fascinante d'Alet et de Rennes-le-Château.

Un archiviste paléographe de la fin du XIX siècle, François Rénier, a exhumé un certain nombre de parchemins carolingiens connus qui font allusion à ce Roi des Juifs de Narbonne; au rôle qu'il a pu remplir, à la protection dont il bénéficiait de la part des empereurs d'Occident, de Charlemagne et d son fils Louis Le Pieux en particulier. Le rôle de ce roi des juifs n'est pas très clair. s'agit-il d'un véritable monarque ?

Les historiens aujourd'hui ne le pensent pas. Ils pensent qu'il s'agit plutôt du chef d'une institution carolingienne qui faisait de ce Roi des juifs le chef de toutes les communautés juives de la diaspora situées dans l'Occident romain, dont Charlemagne venait peu ou prou d'assurer l'unification.

page 237

C'est ici que nous arrivons à un véritable mystère historique. unc ertain nombre de récits de l'époque carolingienne concordent pour dire qu'il a existé à l'époque de Charlemagne une catégorie de chevaliers juifs, qui ont participé à toutes les guerres de Charlemagne contre les sarrasins, franchissant les Pyrénées avec lui, se battant pour l'intégrité de l'Empire et récompensés par Charlemagne.

page 240

On sait que l'un des preux les plus remarquables de Charlemagne était Guillaume de Gellone, un seigneur du midi de la France qui a accompagné Charlemagne dans toutes ses batailles et qui reste un personnage légendaire. Dans les traditions ultérieures, Guilhem de Gellone est même censé avoir abandonné la vie guerrière pour fonder un monastère, le grand monastère de Saint Guilhem-le-Désert, dans l'ancien village de Gellone, non loin de Montpellier, et s'être consacré pour la fin de sa vie à des oeuvres pieuses, qui lui vaudront la canonisation.

A ceci près que l'école de Gellone semble avoir d'abord corrspondu à une éole rabbinique dont Zuckermann a exhumé les traces écrites, avant d'être un monastère, et qu'on y trouve toujours des choses fort étranges. ainsi, la porte qui ouvre sur le monastère de Saint Guilhem porte le nom de "Guimel" en français. C'est la lettre hébraïque utilisée pour le G, l'initial de Guilhem précisément. On trouve une allusion à un certain Guilhem dans les carnets de Béranger Saunière.

page 241

Au demeurant, n'est-ce pas la dynastie carolingienne qui a émancipé les juifs de toutes contraintes, même des contraintes légères qu'ils subissaient en Espagne musulmane ?

N'est-ce pas cette politique carolingienne qui a créé la première rencontre entre le judaïsme et le christianisme, aux origines même de l'Occident européen ? Cette question, qui est ausi la question de la véritable identité de Guilhem de Gellone, peut-être posée autrement : y a-t-il à ce moment-là une race de l'émancipation des juifs autre que les vitupérations de l'archevêque Agobard de Lyon, qui la déplore de tout son coeur, et notamment une trace culturelle présente dans les textes et dans les moeurs ?

(à suivre)

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