30 mai 2007
Guillaume de Toulouse
DUCHE DE TOULOUSE
Au VIIème siècle, le duché de Toulouse comprenait les Pyrénées jusqu’à la Loire.
720 - L’indépendance de ce duché est reconnu par Charles Martel
721 – Lors du siège de Toulouse Eudes repousse les envahisseurs arabes venus d’Espagne. A cette occasion l’armée d’El Samah subit une très lourde défaite.
768 – Fin de l’indépendance du duché par Pépin le Bref.
778 – Création par Charlemagne du Royaume d’Aquitaine
Son fils Louis le Pieux est roi d’Aquitaine à l’âge de trois ans.
Le comté est d’abord confié à Chorson, puis à Guillaume, son propre cousin.
A la tête du comté, le comte exerce un pouvoir sur les affaires criminelles, assisté de magistrats et d’hommes libres.
Le comte le plus puissant à porter le titre de duc est celui deToulouse qui se nomme Chorson, spécialement chargé des affaires militaires face aux Sarrasins. Il administre en fait le royaume, quand Louis s’absente pour accompagner son père dans ses expéditions en Italie, en Europe Centrale ou pour apprendre à gérer ses territoires.
Chorson, duc de Toulouse, après avoir combattu les gascons rebelles, fut fait prisonnier en 787 par le chef Adalaric. Mais après de douteuses manœuvres Chorson arrive quand même à négocier sa liberté en promettant de ne plus jamais reprendre les armes contre lui. En 790, Charlemagne bien informé des affaires du royaume, n’hésite pas à destituer le duc Chorson et à exiler Adalaric.
Puis il nomme pour administrer le comté de Toulouse, Guillaume au Court-Nez ou le Grand ou d’Orange connu plus tard sous le nom de Saint Guillaume de Gellone. Il est le fils d’un noble franc, de souche merovingienne qui porte le nom de quatre rois : Théodoric (Thierry) duc Franc, comte d’Autun, valeureux guerrier, qui se distingua tout particulièrement à Poitiers. Sa mère qui représente la dysnatie carolingienne s’appelle Aldane ou Alda (Aude) sœur du roi Pépin le Bref. Il est de ce fait, cousin de Charlemagne.
HILDEGARDE
Dans son nouveau palais Louis est seul sans ses parents. Son père est reparti régler des affaires urgentes au bord du Rhin.
Sa mère Hildegarde en tant que Reine suit partout son époux.
Louis ne devait plus revoir vivante sa mère qui décéda dans son palais de Thionville , le 30 mai 783 à l’âge de 29 ans épuisée par de trop fréquentes maternités. Elle laisse pour ses contemporains un souvenir d’une reine juste et pieuse.
A son instigation, de nombreux monastères furent construits et elle dota largement les anciens. L’abbaye de Kempten en Bavière fut un exemple de ses largesses. Elle installa Adelgar comme premier abbé et l’emmena à Rome en 781 pour le présenter au pape Adrien et obtenir la bénédiction abbatiale devant un parterre de prince Francs et de Charlemagne, dans la basilique vaticane. Elle obtint à la suite de ce voyage par les mains du pontife les reliques des saints martyrs Gordien et Epimaque pour les transférer dans l’abbaye de Kempten. L’église fut sous la protection de la bienheureuse Vierge Marie et des deux saints martyrs. Dans son testament, Hidegarde exprimera le désir d’être inhumée dans ce monastère de prédilection.
Elle fut dans un premier temps dans le même caveau que ses deux dernières filles à l’église Saint-Arnoul de Metz. Charlemagne fit élever un grandiose monument funéraire à la gloire d’Hildegarde et c’est Diacre Paul à qui revint l’insigne honneur de composer en vers latins une épitaphe pour cette belle et intelligente reine. Il faudra quand même attendre 872 pour qu’une partie de ses reliques soient transférées à l’abbaye de Kempten, où une nouvelle basilique vit le jour sous son patronnage. L’autre moitié de ses ossements resteront définitivement à Metz.
Louis n’étant pas en âge de gouverner et encore moins de guerroyer, Charlemagne l’entoura d’une multitude de dignitaires d’officiers et de serviteurs. Un tuteur fut également nommé en la personne de Guillaume de Toulouse.
LOUIS, ROI DES AQUITAINS (781-814)
Charlemagne, se heurte de plus en plus à la population aquitaine, qui supporte de moins en moins l’administration Franque.
Il faut dire que la région a été longtemps dominée par les Goths par les Arabes et enfin lesCarolingiens.
C’est Pépin qui s’empare de l’Aquitaine grâce à l’appui de quelques comtes wisigoths de la Septimanie que tenaient toujours les Arabes. De 760 à 768, Pépin fait une campagne chaque année en Aquitaine s’enfonçant un peu plus chaque fois pour ravager les contrées de l’ Auvergne et du Berry. En 761, accompagné des Comtes de Bourges et de Poitiers, Waifre dévaste la Bourgogne jusqu’à Châlons sur Sâone.
Pépin de son côte après avoir guerroyé en Rhénanie revient en force, passe la Loire à Nevers et s’empare des villes les unes après les autres. En 762, prise de Bourges malgré les efforts désespérés du comte aquitain Humbert qui finalement va se rallier à Pépin. La ville de Thouars en Poitou capitule aussi. Il s’installe conquérant et relève les murailles dans les villes dont il s’est emparé. Il place ici et là des garnisons et des comtes austrasiens. Mais Waifre semble reprendre pourtant les villes démantelées. Pépin est obligé en 766 de partir d’Orléans pour obtenir la capitulation d’Argenton –sur-Creuse. Un parent de Waifre se rallit à la cause de Pépin et gagne en remerciement un comté du Bas-berry, jusqu’au Cher.
En 767, Pépin s’installe à Bourges avec la reine Bertrade. Souhaitant faire de Bourges une des capitales Franques, il y fait construire un palais.
Avec la soumission des Basques en 768, l’Aquitaine est enfin docile mais dans un état de complet traumatisme : terres brûlées, villes incendiées, monastères détruits…
La civilisation et sa culture si particulière est pratiquement ruinée.
En effet, par leur coutume et leur état d’esprit, L’Aquitaine se démarque complètement du monde Franc.
Sa situation géographique est un danger permanent face aux Maures d’Espagne, qui laisse toujours craindre une attaque par la Septimanie.
Puis l’échec de l’armée Franque devant Saragosse en 778 a été ressenti comme une humiliation et incite Charlemagne à la prudence. Il demeure inquiet des conséquences de ce désastre. Puis il s’interroge quand même sur la vulnérabilité de cette Aquitaine, encore mal remise de l’invasion Franque.
Après réflexion, Charlemagne se décide finalement à faire un geste en faveur de la noblesse locale pour reconnaître et satisfaire leur dignité en leur accordant un semblant d’indépendance et d’autonomie. Il érige l’Aquitaine en royaume mais par sécurité englobe également la Gascogne et la Septimanie.
Pour protéger ce nouveau royaume, Charlemagne pense tout naturellement à son fils Louis, né à Chasseneuil en Poitou.
L’organisation de la cérémonie du sacre se déroule à Rome le 15 avril 781. Louis devient à cet instant, à l’âge de trois ans, roi d’Aquitaine. La ville de Bordeaux fut retenue pour l’entrée officielle dans ses états. Pour l’occasion, Charlemagne avait fait confectionner une tenue d’apparat et des armes à la taille du petit roi. Sur sa selle, entouré de dignitaires et de son illustre père, il traversa la ville de Bordeaux qui lui réserva un véritable triomphe.
23 mai 2007
Le Traité de Verdun
Lothaire, veut coûte que coûte faire reconnaître la fameuse Constitution de 817, lui octroyant de ce fait, la plus grande part de l’héritage de son père. Mais l'Empire complètement disloqué est en but à de nouvelles rébellions et se trouve vraiment au bord de la guerre civile. On est bien loin, des belles idées unitaires de Charlemagne. Louis le Germanique et le jeune Charles, se sentent menacés face aux exigences démesurées de leur frère aîné. Pour parer à toutes menaces, ils s'unissent pour protéger leurs intérêts et regroupent leurs armées. Ils infligent une sévère défaite à Lothaire, le 25 juin 841 à Fontenay-en Puisaye. Cette victoire à pour conséquence une prise de conscience un peu tardive de leurs liens familiaux. Ils jurent de se soutenir et de se défendre mutuellement. Un acte appelé les « serments de Strasbourg» est signé en présence de leur armée respective. Pour cet événement, les textes sont rédigés en langue romane et en vieil allemand. Lothaire, impuissant devant cette union guerrière de ses frères comprend qu'il doit trouver très vite un compromis avec eux. Il faut cependant attendre août 843, pour que les trois frères signent le traité de Verdun reconnaissant la constitution de trois royaumes: Charles, reçoit la partie occidentale de l'Empire qui prend le nom de Francia Occidentalis (Escaut, Meuse la Saône et le Rhône). Louis le Germanique obtient lui la Francia Orientalis (royaume situé à L’est du Rhin et au nord des Alpes). Quant à Lothaire qui conserve la dignité impériale bénéficie de la Lotharingie (entre les royaumes de ses deux frères, de la mer du Nord à la Campanie avec deux capitales impériales: Aix la Chapelle et Rome).
Démantellement de l'Empire Carolingien
Une grave crise s'instaure dans l'Empire d'occident. Lothaire, prend la tête du conflit. De son côté se rangent aussi bien des nobles que des ecclésiastiques. Poussé par Judith, Louis, convoque l'assemblée de Worms en 829, qui décide d'éloigner Lothaire et de l'envoyer en Italie. Son jeune fils Charles bénéficie en retour d'une partie de la Bourgogne, de l'Alsace, l'Alemanie et la Rhétie.
A cette nouvelle, un véritable drame familial secoue le royaume. Les agissements de Louis le Germanique et Pépin 1er d'Aquitaine obligent Louis le Pieux à faire abolir l'Ordinatio Imperii.
Lothaire n'est plus un empereur associé à son père et le partage territorial se trouve de ce fait, complètement modifié.
Attendant l'heure pour se venger, les trois fils pour une fois unis font cause commune pour soulever l'aristocratie contre leur père. Abandonné par son armée près de Colmar, Louis le Pieux est fait prisonnier. Nous sommes en 833. C'est l'Archevêque de Reims qui dépose l'empereur de sa couronne. Pour l'humilier, on le contraint à faire publiquement pénitence au monastère de Saint Médard de Soisson. Pendant ce temps, Judith et le petit Charles sont enfermés pendant un an dans une forteresse à Tortonne, en Lombardie
Le premier geste de Lothaire fut de rétablir l'Ordinatio Imperii pour se faire reconnaître le seul empereur.
Dans cette affaire, il oublie complètement ses frères qui frustrés, organisent son départ précipité vers l'Italie. Profitant de cette opportunité, Louis le Pieux revient au pouvoir. L'assemblée de Thionville annule les dispositions en faveur de Lothaire, en févier 835
Pensant toujours à préserver le jeune Charles, Louis le Pieux provoque une assemblée a Aix-la-Chapelle en 837, pour lui faire accorder un territoire situé entre le Rhin, la Meuse et la Seine.
En 838, meurt Pépin 1er d'Aquitaine. Ce grand royaume est offert Naturellement, à Charles, qui devient roi d’Aquitaine
La noblesse d'Aquitaine se soulève. Elle a déjà choisi le successeur en la personne de Pépin Il, fils de leur souverain.
La révolte gronde. Louis le Germanique, qui n'attend qu'une occasion pour être contre son père, attise le mécontentement. Près à organiser une expédition contre ce fils, la mort surprend Louis le Pieux, en 840, dans une île du Rhin, à l’âge de 62 ans.
Article publié par Marie de Mazan Tous droits réservés
Judith de Bavière (795-843)
Judith de Bavière dans les chroniques de Welfs
L’équilibre du royaume est de plus en plus difficile à maintenir par le bouleversement qu’occasionne également la mort subite de l’impératrice Ermengarde, le 3 octobre 818 à Angers.
Mais Louis malgré son chagrin ne supporte pas la solitude et se remarie cependant avec la princesse Judith de Bavière de vingt ans sa cadette en 819.
Judith est la fille de Welf, comte de Revensberg, qui possède d’immenses biens (Bavière, en Alemanie, au nord de Constance, dans l’Argengau et dans l’Armmengau) et de Helvide, descendante de la plus puissante maison de Saxe. Son grand-père Wittiking était roi de Saxe, vaincu par Charlemagne avait accordé la main de sa fille Gerswinde, qui sera la seule des six femmes de Charlemagne à porter le titre d’impératrice.
Belle, intelligente, Judith sait se servir de ses atouts dès le début des épousailles pour dominer et influencer son faible mari trop amoureux pour comprendre ses intrigues. Elle en profite pour installer sa famille, telle sa mère qui reçoit l’abbaye de Chelles, son frère Rodolphe, les abbayes de Saint-Riquier et de Jumièges. Quant à son autre frère, Conrad, il reçoit l’abbaye de Saint-Gall et toujours sur les instances de sa sœur Judith, épouse Adélaïde, fille de Hugues de Tours, beau-frère de Louis le Pieux.
Louis et Judith auront d’abord une fille du nom de Gisèle, puis arrive la naissance le 13 juillet 823 à Francfort de Charles qui sera connu plus tard sous le nom de Charles le Chauve. Judith n’aura de cesse d’intriguer pendant des années pour que son fils soit intégré dans le partage de l’héritage du royaume.
Article publié par Marie de Mazan Tous droits réservés
Sous Louis Le Pieux
A la mort de Charlemagne, le 28 janvier 814, La Gaule est un des plus grands pays du monde occidental. C’est Louis, trente-six ans, son derniers fils et unique héritier qui lui succède.
Soucieux de maintenir l’unité de l’Empire tout en poursuivant l’œuvre de son père, Louis s’empresse de remplacer les trois titres acquis par Charlemagne – roi des Lombards – roi des Francs et empereur – par le seul titre d’Empereur.
En 816, il se fait sacrer par le pape Etienne IV à Reims avec son épouse Ermengarde. Par ce geste, l’empereur ouvre définitivement la voie d’allier le couronnement laïc à une cérémonie religieuse du sacre. Le spirituel protégeant désormais le temporel. Geste lourd de conséquence pour la suite des événements.
Louis ne veut pas remettre en cause le système administratif mis en place par Charlemagne mais très vite, il se trouve confronté à de sérieux problèmes par les remaniements du partage successoral de l’Empire.
ORDINATIO IMPERII
En 817, Louis le Pieux souhaite régler définitivement sa succession de son vivant pour préserver l’Empire carolingien. Avec ses conseillers, il élabore l’Ordinatio Imperii, qui doit respecter les traditions franques et surtout ne pas perdre de vue l’idée unitaire de cet héritage. Dans ce texte, le fils aîné, Lothaire, une fois proclamé empereur doit partager le pouvoir avec son père et les deux autres fils de Louis le Pieux, Pépin et Louis doivent recevoir eux, l’Aquitaine et la Bavière.
Bernard, leur cousin conservera quant à lui, le royaume d’Italie.
Mais cette constitution soulève un tel mouvement de colère et de contestation que Louis le Pieux ne peut que condamner ce débordement. Le chef de cette rébellion n’est autre que Bernard, son neveu. L’empereur implacable lui fait crever les yeux.
A la suite de ce supplice, Bernard meurt en 818.







