18 septembre 2007
notes personnelles A propos des Juifs en Gaule - 1 -
Une légende persistance indique que les Juifs sont arrivés en Gaule contraints et forcés à partir de 70 après la destruction du Temple de Jérusalem. On sait que des condamnés politiques romains ont été exilés mais que parmi eux des notables juifs se trouvaient dans les mêmes coonditions.
Probablement, le peuplement d'une colonie juive s'est fait dès l'antiquité en France. Mais c'est à partir du IVème siècle que l'on peut dire véritablement que, dans la vallée de la Saône et du Rhône, qu'une linstallation est durable.
C'est en 465, que l'Eglise reconnaît officellement les Juifs. Dès le VIème siècle, l'implantation juive est recencée sur de grands axes commerciaux à Marseille, Arles, Uzès, Narbonne, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Orleans et Paris. Des synagogues furent construites pour le lieu de culte. Grégoire de Tours cite historiquement la première synagogue qui sera détruite en 576 à Clermont-Ferrand.
Si on regarde bien le rôle d'une synagogue, c'est un lieu de prière, de rassemblement des fidèles mais ausi un lieu d'étude. C'est là, que l'histoire de la communauté se raconte, se transmet, s'étudie. On enseigne la langue hébraîque aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Le rabbin est un professeur. La différence entre le monde chrétien et les juifs apparaît naturellement puisque le juif ne peut absolument pas être inculte par ce procédé.
Les fameuses lettres de Sidoine Apollinaire ( 470 et 473 ) dédiées à son ami Félix de Narbonne citant le Juif Gozolas :
Gozolas, juif de nation, client de ta grandeur, pour qui je me sentirais de l'affection, si je ne méprisais sa secte, te porte une lettre que je t'ai écrite, le cœur grandement affligé. Les armes des nations qui nous entourent épouvantent notre ville, devenue, pour ainsi dire, une barrière entre leurs limites. Placés comme une triste proie au milieu de deux peuples rivaux, suspects aux Burgondes, voisins des Goths, nous sommes exposés à la fureur de nos ennemis, et à l'envie de ceux qui nous défendent. Mais nous parlerons une autre fois de ceci. Cependant, si tout marche parfaitement chez vous, c'est bien. Car, quoique nous soyons punis ouvertement pour des crimes cachés, nous n'avons point un cœur si mal fait, que nous ne désirions de voir le bonheur régner dans les autres contrées. Assurément, celui-là n'est pas moins l'esclave des vices que des ennemis, qui même en des temps mauvais ne sait point former des vœux favorables. Adieu.
Quand Pépin le Bref s'empare en 759 de Narbonne, c'est grâce au concours militaire des goths mais aussi grâce au soutien et à la participation des Juifs. A cet effet, le roi partage la ville en trois : un quartier pour le comte, un quartier pour l'évêque et le dernier pour les Juifs. Vivant en bonne intelligence avec les carolingiens, la communauté de Narbonne aura le privilège de posséder héréditairement des biens sans redevances. De là, s'étendront des communautés à Carcassonne, Toulouse, Châlons sur Saône, Sens et Metz.
Il semblerait que l'assimilation Goths et Juifs se confondent sous Pépin le Bref. Milon devient comte pour les Francs sans pour autant abandonner son titre de de roi des Goths. Le roi assure le maintien de leurs lois, et ils continuent à battre monnaie. Plusieurs Goths vont devenir comtes se sentant sous bonne protection. Pépin obtiendra ainsi une longue fidélité
A la mort de Milon, c'est Guillaume, cousin de Charlemagne qui lui succède.Il est le fils de Thierri comte d'autun, celui qui a pris Narbonne pour Pépin le Bref et qui restera célèbre sous le nom d'Aymeri de Narbonne. Jean Favier pense que Thierri peut être le neveu de la reine Plectrude, épouse de Pépin II.
Plectrude est la fille du comte palatin Hugobert et Irmina D'Oeren (près de Trèves).
Irmina d'Oeren est la fille de Théodard d'Oeren, évêque de Maastrich. Ell épouse Hugobert d'Echtenach , sénéchal de Bavière, comte du palais d'Austrasie. C'est une de ces filles Chrodolinde ou Rolinde qui épousera Bernarius de Laon d'où naîtra Thierri comte d'Autun qui sera le grand-père de ce Thierry qui nous intéresse et qui se mariera avec Aude (fille de Charles Martel et de Rotrude de Gellone) d'où Guillaume de Gellone.
Le pape Etienne III écrit en 768 à son archevêque Aribert de Narbonne pour lui faire part de son grand mécontentement à propos des décrets des rois francs permettant aux Juifs d'avoir un accès à la propriété et de ce fait embaucher des chrétiens pour travailler leurs champs. L'Eglise essaie d'écarter les Juifs du domaine agricole et promet la liberté aux paiens désireux de se convertir au christianisme
Sous Charlemagne, la communauté juive est traitée avec bienveillance et se donne avec zèle à l'étude de la Loi. Des chrétiens vont s'éveiller à la culture judaîque au point de vouloir se convertir à la religion juive. Les juifs du royaume sont protégés contre le clergé mais aussi certains dignitaires. Ils peuvent voyager et se déplacer librement.
Si on en croit Arthur Kleinclausz dans "Charlemagne" page 190 " parmi les hommes que Charlemagne plaça dans ces postes d'honneur et de combat, parce qu'il il avait mis en eux toute sa confiance, figurent Guy, Roland et audulf pour la Bretagne, Gérold pour la Bavière, Eric pour le Frioul et Guillaume de Toulouse pour la frontière pyrénéenne. Avec Roland, ces trois derniers sont les plus célèbres. issu d'une illustre famille strasbourgeoise, "puissant par les armes, subtil par l'esprit, Eric, dit avec emphase son épitaphe, dompta les redoutables nations barbares comprises entre le danube et Drave, et celles que cachent les roseaux du Palus Méotides". Gérold était le beau-frère de Charlemagne, qui avait épousé sa soeur Hildegarde. Tous deux périrent les armes à la main, en combattant "la tourbe des infidèles", et leur mort, considérée comme un martyre, fut pleurée par le roi, parce qu'ils étaient " de ces braves qui gardèrent et étendirent les bornes chrétien". Guillaume de Toulouse dont le père, le comte Thierri, mourut aussi à l'ennemi, ne fut pas seulement l'un des plus fidèles conseillers du roi, mais ses brillants exploits contre les Arabes devaient lui " valoir un éternel honneur". les uns et les autres partageaient la religion de leur maître et trouvèrent en elle le soutien de leurs armes".
à suivre)
13 septembre 2007
sociétés secrètes
C'est un ami qui m'a signalé ce livre. En effet, Alexandre Adler parle de Guillaume de Gellone, des chevaliers juifs, l'école rabbinique de Gellone et la position carolingienne face à la pensée juive et les rapports avec le pouvoir royal. Si je reviens souvent sur Guillaume de Gellone, c'est qu'il est intéressant à plus d'un titre, puisqu'il est le beau-père de Dhuoda, elle-même mariée à son fils Bernard duc de Septimanie et comte de Barcelone qui sera un moment chancelier de Louis le Pieux avant d'être destitué, puis plus tard assassiné par Charles le Chauve à Toulouse. Je note ici certains passages du livre que je vais commenter au fur et à mesure de mes travaux. | ||

page 234
Ce qui existe, en revanche, et n'est pas moins mystérieux, c'es le "Roi des juifs", c'est-à-dire un personnage dont l'existence apparaît pour la première fois sous le règne de Charlemagne, mais qui lui est quelque peu antérieur.
Ce roi des juifs est bel est bien domicilié à Narbonne, à quelques kilomètres des Corbières et de cette région fascinante d'Alet et de Rennes-le-Château.
Un archiviste paléographe de la fin du XIX siècle, François Rénier, a exhumé un certain nombre de parchemins carolingiens connus qui font allusion à ce Roi des Juifs de Narbonne; au rôle qu'il a pu remplir, à la protection dont il bénéficiait de la part des empereurs d'Occident, de Charlemagne et d son fils Louis Le Pieux en particulier. Le rôle de ce roi des juifs n'est pas très clair. s'agit-il d'un véritable monarque ?
Les historiens aujourd'hui ne le pensent pas. Ils pensent qu'il s'agit plutôt du chef d'une institution carolingienne qui faisait de ce Roi des juifs le chef de toutes les communautés juives de la diaspora situées dans l'Occident romain, dont Charlemagne venait peu ou prou d'assurer l'unification.
page 237
C'est ici que nous arrivons à un véritable mystère historique. unc ertain nombre de récits de l'époque carolingienne concordent pour dire qu'il a existé à l'époque de Charlemagne une catégorie de chevaliers juifs, qui ont participé à toutes les guerres de Charlemagne contre les sarrasins, franchissant les Pyrénées avec lui, se battant pour l'intégrité de l'Empire et récompensés par Charlemagne.
page 240
On sait que l'un des preux les plus remarquables de Charlemagne était Guillaume de Gellone, un seigneur du midi de la France qui a accompagné Charlemagne dans toutes ses batailles et qui reste un personnage légendaire. Dans les traditions ultérieures, Guilhem de Gellone est même censé avoir abandonné la vie guerrière pour fonder un monastère, le grand monastère de Saint Guilhem-le-Désert, dans l'ancien village de Gellone, non loin de Montpellier, et s'être consacré pour la fin de sa vie à des oeuvres pieuses, qui lui vaudront la canonisation.
A ceci près que l'école de Gellone semble avoir d'abord corrspondu à une éole rabbinique dont Zuckermann a exhumé les traces écrites, avant d'être un monastère, et qu'on y trouve toujours des choses fort étranges. ainsi, la porte qui ouvre sur le monastère de Saint Guilhem porte le nom de "Guimel" en français. C'est la lettre hébraïque utilisée pour le G, l'initial de Guilhem précisément. On trouve une allusion à un certain Guilhem dans les carnets de Béranger Saunière.
page 241
Au demeurant, n'est-ce pas la dynastie carolingienne qui a émancipé les juifs de toutes contraintes, même des contraintes légères qu'ils subissaient en Espagne musulmane ?
N'est-ce pas cette politique carolingienne qui a créé la première rencontre entre le judaïsme et le christianisme, aux origines même de l'Occident européen ? Cette question, qui est ausi la question de la véritable identité de Guilhem de Gellone, peut-être posée autrement : y a-t-il à ce moment-là une race de l'émancipation des juifs autre que les vitupérations de l'archevêque Agobard de Lyon, qui la déplore de tout son coeur, et notamment une trace culturelle présente dans les textes et dans les moeurs ?
(à suivre)
12 septembre 2007
Dodila/Dadila et Psalmodi
Dans l’histoire du Languedoc on signale une Dadane fille du noble Dadila à Nîmes. Mais cette Dadane a testé en 813. Manitius voit en elle notre Dhuoda.
Pour les recherches sur Dodila/Dadila et la parenté avec Dhuoda, je n'ai rien trouvé d'intéressant qui puisse me donner une piste. C'est en recherchant sur internet que je suis arrivée à l'abbaye de Psalmodi où j'ai pu lire ceci :
"C'est d'abord le prieuré de S. Jean de Nozet, au bord du Vidourle en face Galazanègues (le grand Gallargues) : le 24 mai 812 Dadila laisse à son épouse Ermengarde sa servante Prima, à ses fils quelques serfs et dans un geste chrétien il affranchit tous ses serviteurs « tanquam de ingenuis parentibus nati » et donne à Psalmodi les sanctuaires de S. Jean de Nozet et de S. Julien de Salinelles « Salignanello », plus, des terres au lieu de Parignargues « Petroniaco » (diocèse d'Uzès). Ces legs ne reçurent pleine exécution que quatre ans plus tard et Charlemagne était déjà mort (26 sept. 815) (1)."
(1) Arch. du Gard; H, 112, 113, 115.
http://www.nimausensis.com/Gard/psalmodi/Psalmodie01.htm
On peut lire aussi que Théodomir, petit -fils de Charlemagne était abbé en 810 de Psalmodi.
Mais qu'en 840, Bernard de Septimanie (époux de Dhuoda) s'empare de nombreuses propriétés appartenant à Psalmodi. C'est Charles le Chauve qui interviendra dans ce conflit pour la restitution des biens à l'abbaye

09 septembre 2007
Les wisigoths à Nîmes
L'amphithéâtre de Nîmes est transformé en forteresse par les wisigoths qui y construisent à l'intérieur un château. Les combats de gladiateurs ne sont plus permis dans les arênes.
Les chefs wisigoths se succèdent pendant le VI et VIIème siècle. Nîmes est sous tutelle wisigothe tandis que la région est tantôt partagée par les Francs ou les Wisigoths. La ville voisine de Nîmes, Uzès fait partie du royaume franc.
En 673, le duc Paul, cousin du roi Wamba essaya de profiter de l'éloignement de Tolède qui était devenue la capitale wisigothique pour tenter de créer son propre royaume à Nîmes.
Le 26 août 673, le roi Wamba et son armée débarque devant les remparts de la ville. Dès le lendemain le roi décide d'assiéger le château des arênes. Le 31 août, le duc Paul capitule et se rend avec les habitants qui étaient venus le soutenir. En sage administrateur, Wamba pardonnera cette rebellion et créa de ce fait, la Milice des Arênes qui lui jura fidélité.
Le roi Wamba écrase les mutins dans les Arènes de Nîmes
ENLUMINURE DE FERDINAND PERTUS
(Histoire Générale du Languedoc par Dom Vaissette - 1730 )
08 septembre 2007
Les derniers rois Wisigoths à Toulouse
Euric succède donc à Théodoric II. Il est le fils de Théodoric Ier et de Amalaberge d'Ostrogotie Euric aime Toulouse et en fait une de ses résidences principales. Sa résidence royale restait Aire sur l'Adour qu'il avait choisi pour son implantation stratégique. En effet, Bordeaux se trouvait à un peu moins de 150 kms
Le royaume wisigothique s'étend grâce à lui jusqu'à la Loire mais maintiendra la domination sur une grande partie de la péninsule ibérique puis toute l'Espagne dès 476.
Euric est un roi arien qui s'oppose à l'Eglise catholique n'hésitant pas à persécuter les catholiques, à détruire les églises où même exiler leurs représentants.
Il meurt à Arles de mort naturelle vers la fin 484. Son fils Alaric II prend la succession au trône.
Alaric II améliore le statut administratif du royaume wisigothique. Il promulgue dès 506 le fameux bréviaire d'alaric.
Manuscrit du Bréviaire d'Alaric conservé à Université de Clermont-Ferrand, Xe siècle
Ce manuscrit est une compilation du recueil de droit romain du code de Théodose de 438 qui a été recomposé à Aire sur l'Adour, une des capitales wisigotiques,par des juristes, des notables gallo-romains,des ecclésiastiques et enfin les laïques pour être promulgué par le roi Alaric II.
Enluminure du Bréviaire d'Alaric le Wisigoth


