Une légende persistance indique que les Juifs sont arrivés en Gaule contraints et forcés  à partir de 70 après la destruction du Temple de Jérusalem. On sait  que des condamnés politiques romains ont été exilés mais que parmi eux des notables  juifs se trouvaient dans les mêmes coonditions.

Probablement, le peuplement d'une colonie juive s'est fait  dès l'antiquité en France.  Mais c'est à partir du IVème siècle que l'on peut dire véritablement que, dans la vallée de la Saône et du Rhône, qu'une linstallation est durable.

C'est en 465, que l'Eglise reconnaît officellement les Juifs.  Dès le VIème siècle, l'implantation juive est recencée sur de grands axes commerciaux à Marseille,  Arles, Uzès, Narbonne, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Orleans et  Paris. Des synagogues furent construites pour le lieu de culte. Grégoire de Tours cite historiquement  la première  synagogue qui sera détruite en 576  à Clermont-Ferrand.

Si on regarde bien le rôle d'une synagogue, c'est un lieu de prière, de rassemblement des fidèles mais ausi un lieu d'étude. C'est là, que l'histoire de la communauté se raconte, se transmet, s'étudie. On enseigne la langue hébraîque aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Le rabbin est un professeur. La différence entre le monde chrétien et les juifs apparaît naturellement puisque le juif ne peut absolument pas être inculte par ce procédé.

Les fameuses lettres de Sidoine Apollinaire ( 470 et 473 ) dédiées à son ami Félix de Narbonne citant le Juif Gozolas :

Gozolas, juif de nation, client de ta grandeur, pour qui je me sentirais de l'affection, si je ne méprisais sa secte, te porte une lettre que je t'ai écrite, le cœur grandement affligé. Les armes des nations qui nous entourent épouvantent notre ville, devenue, pour ainsi dire, une barrière entre leurs limites. Placés comme une triste proie au milieu de deux peuples rivaux, suspects aux Burgondes, voisins des Goths, nous sommes exposés à la fureur de nos ennemis, et à l'envie de ceux qui nous défendent. Mais nous parlerons une autre fois de ceci. Cependant, si tout marche parfaitement chez vous, c'est bien. Car, quoique nous soyons punis ouvertement pour des crimes cachés, nous n'avons point un cœur si mal fait, que nous ne désirions de voir le bonheur régner dans les autres contrées. Assurément, celui-là n'est pas moins l'esclave des vices que des ennemis, qui même en des temps mauvais ne sait point former des vœux favorables. Adieu.

Quand Pépin le Bref s'empare en 759 de Narbonne, c'est grâce au concours militaire des goths mais aussi grâce au soutien et à la participation des Juifs. A cet effet, le roi partage la ville en trois : un quartier pour le comte, un quartier pour l'évêque et le dernier pour les Juifs. Vivant en bonne intelligence avec les carolingiens, la communauté de Narbonne aura le privilège de posséder héréditairement des biens sans redevances. De là, s'étendront des communautés à Carcassonne,  Toulouse,  Châlons sur Saône, Sens et Metz.

Il semblerait que l'assimilation Goths et Juifs se confondent  sous Pépin le Bref. Milon devient comte pour les Francs sans pour autant abandonner son titre de de roi des Goths. Le roi assure le maintien de leurs lois, et ils continuent à battre monnaie. Plusieurs Goths vont devenir comtes se sentant sous bonne  protection.   Pépin obtiendra ainsi  une longue fidélité

A la mort de Milon, c'est Guillaume, cousin de Charlemagne qui lui succède.Il est le fils de Thierri comte d'autun, celui qui a pris Narbonne pour Pépin le Bref et qui restera célèbre sous le nom d'Aymeri de Narbonne.  Jean Favier pense que Thierri peut être le neveu de la reine Plectrude, épouse de Pépin II.

Plectrude est la fille du comte palatin  Hugobert et Irmina D'Oeren  (près de Trèves).

Irmina d'Oeren est la fille de Théodard d'Oeren, évêque de Maastrich. Ell épouse Hugobert d'Echtenach , sénéchal de Bavière, comte du palais d'Austrasie. C'est une de ces filles Chrodolinde ou Rolinde qui épousera Bernarius de Laon d'où naîtra Thierri comte d'Autun qui sera le grand-père de ce Thierry qui nous intéresse et qui se mariera avec Aude (fille de Charles Martel et de Rotrude de Gellone) d'où Guillaume de Gellone.

Le pape Etienne III écrit en 768 à son archevêque Aribert de Narbonne pour lui faire part de son grand mécontentement à propos des décrets des rois francs permettant aux Juifs d'avoir un accès  à la propriété et de ce fait embaucher  des chrétiens pour travailler leurs champs.  L'Eglise essaie d'écarter les Juifs du domaine agricole et promet la liberté aux paiens désireux de se convertir au christianisme

Sous Charlemagne, la communauté juive est traitée avec bienveillance et  se donne avec zèle à l'étude de la Loi. Des chrétiens vont s'éveiller à la culture judaîque au point de vouloir se convertir à la religion juive.  Les juifs du royaume sont protégés contre le clergé mais aussi certains dignitaires. Ils  peuvent  voyager et se déplacer librement.

Si on en croit Arthur Kleinclausz dans "Charlemagne" page 190 " parmi les hommes que Charlemagne plaça dans ces postes d'honneur et de combat, parce qu'il il  avait mis en eux toute sa confiance, figurent Guy, Roland et audulf pour la Bretagne, Gérold pour la Bavière, Eric pour le Frioul et Guillaume de Toulouse  pour la frontière  pyrénéenne. Avec Roland, ces trois derniers sont les plus célèbres. issu d'une illustre famille strasbourgeoise, "puissant par les armes, subtil par l'esprit, Eric, dit avec emphase son épitaphe, dompta les redoutables nations barbares comprises entre le danube et Drave, et celles que cachent les roseaux du Palus Méotides". Gérold était le beau-frère de Charlemagne, qui avait épousé sa soeur Hildegarde. Tous deux périrent les armes à la main, en combattant "la tourbe des infidèles", et leur mort, considérée comme un martyre, fut pleurée par le roi, parce qu'ils étaient  " de ces braves qui gardèrent  et étendirent les bornes chrétien". Guillaume de Toulouse dont le père, le comte Thierri, mourut aussi à l'ennemi, ne fut pas seulement l'un des plus fidèles conseillers du roi, mais ses brillants exploits contre les Arabes devaient lui " valoir un éternel honneur". les uns et les autres partageaient la religion de leur maître et trouvèrent en elle le soutien de leurs armes".

à suivre)