20 juin 2007
L'Abbaye de Lagrasse
Le pont de L'Orbieu
photos prises par Thierry Lefranc en avril 2006
16 juin 2007
LA BIBLE GOTIQUE DE WULFILA
« Nous ne connaissons pas le gothique, nous ne connaissons que la langue de la Bible wulfilienne, c'est là une considération qu'il ne faut pas perdre de vue. Mais cette langue n'en est pas moins très précieuse, aussi bien pour le germaniste que pour le comparatiste, parce que, si l'on excepte les premières inscriptions runiques, le gothique est la forme la plus ancienne et, à bien des égards, la plus archaïque que nous connaissions des langues germaniques ».
(Ferdinand Massé, Manuel de la langue Gotique, Aubier Montaigne, 1942)
Wulfila (petit loup- loup, cf.allemand wolf +diminutif ila)
Mais Wulfila comprenant très bien la difficulté pour ses compatriotes de comprendre la Bible telle qu'elle était, créa pratiquement une nouvelle langue écrite. Il inventa ses propres lettres, se servant comme base de l'alphabet grec en y ajoutant certains caractères runiques.
Toutefois dans sa mission évangélique, il se heurta à l'aristocratie wisigothique qui ne voulait pas renoncer au paganisme et voulaient rester fidèles à leurs traditions raciales. Après de nombreux troubles, il fut expulsé avec ses fidèles. Avec sa communauté il se fixera aux environs de Nicopolis en Mésie sur ordre de !'Empereur Constance.
Wulfila propagera l'arianisme dans tous les environs de cette région. Dépassant largement la contrée ce fut pratiquement une évangélisation de l'Europe qui s'opéra massivement par la volonté de toute une tribu et de son chef. D'autres peuples Germaniques comme les Vandales, les Burgondes et les Lombards se convertirent aussi. Le christianisme était devenue une religion d'état du vaste Empire romain jusque dans les parties septentrionales. Participant au concile de Constantinople en 381 la religion de Wulfila fut condamnée par ce même concile.
La version la plus connue et la plus précieuse de la version gothique de sa bible reste le codex Argenteus, copie qui fut retrouvée à la bibliothèque Uppsala en Suède. Ce codex est écrit en lettre d'argent et d'or sur une substance violette. A ce jour, il reste 187 pages de ce manuscrit sur les 336 qui fut découvert vers 1550.
LE CODEX ARGENTEUS
Il contient les Evangiles de Matthieu, Jean, Luc et Marc. Rédigé probablement au début du Vie siècle dans le scriptorium de Ravenne. Codex Argenteus veut dire: « Livre d'argent » L'encre utilisée était d'argent, les feuilles de parchemins teintées de pourpre. Les trois premières lignes de chaque Evangile commencent par des lettres d'or ainsi que le début de chaque nouveau paragraphe. Les noms des rédacteurs des Evangiles sont écrits aussi en lettre d'or en haut des quatre « arches parallèles dessinées à la base de chaque colonne de texte. On peut y trouver aussi des références à des versets analogues des Evangiles. Ce manuscrit était sûrement destiné à une personnalité de la maison royale, peut-être sans trop faire d'erreur pour le roi des Ostrogoths.
Qu'est ce que l'arianisme?
C'est une doctrine d'Arius basée sur le fait que dans la Trinité, le Fils n'est pas égal au Père et qu'il n'est pas de même nature et ne participe pas à son éternité. La divinité du Christ n'est donc que secondaire. Cette doctrine causa des troubles très graves sur le plan religieux mais aussi politiques et fut condamnées par le concile de Nicée en 325, qui définira l'orthodoxie selon laquelle le Fils est consubstantiel au Père. C'est Constantin lui-même qui jouera un rôle déterminant dans le débat en insistant sur l'importance de l'unité, pour définir les relations entre le Fils et le Père d'une même substance. Les propagateurs de l'arianisme furent donc condamnés devant une centaine d'évêques et excommuniés comme hérétiques. Le concile de Constantinople en 381, ira aussi dans ce sens
Prêtre Egyptien (280-336)
Né à Alexandrie.
Il fut fort influent dans une communauté chrétienne des environs d'Alexandrie. A partir de 320 il commença à prêcher sa doctrine « L'arianisme » et publia en 323 un ouvrage marqué par le néoplatonisme Thaba. Selon Arius, Jésus-Christ n'est pas de même nature que Dieu. Sa nature humaine l'emporte sur sa nature divine. Il reconnaît Jésus comme un simple prophète. Pour Arius, Dieu, est un être unique et n'avait pas pu s'incarner ni souffrir et encore moins subir la mort sur la croix, ultime humiliation. On retrouve dans certaines sectes juives, comme les ébionites, les mêmes théories sur la mort du Christ. Dès 325, sa doctrine est condamnée par le concile de Nicée. Arius est excommunié et contraint de s'exiler sur ordre de Constantin. Mais l'influence d'Arius s'étant considérablement étendue dans le monde romain, Constantin fut obligé de le rappeler de son exil. L'empereur demandera lui aussi le baptême à un évêque arien: Eusèbe de Nicomédie.
15 juin 2007
La Vallée de l'Orbieu
L’Abbaye Sainte Marie D’Orbieu
Une charte de Charlemagne antérieure à l’an 800 est couramment désignée comme charte de fondation de l’abbaye Sainte Marie d’Orbieu. Ce document, le plus ancien sur l’abbaye, est conservé aux archives départementales de Carcassonne. Par cette charte, Charlemagne n’a fait que confirmer la fondation d’un monastère déjà existant.
L’intervention du futur empereur fut déterminante, car l’abbaye connut dès lors un développement extrêmement rapide en particulier par une succession de donations importantes. Cette prospérité en fit une des abbayes les plus influentes du Sud de la France et sa situation géographique particulière, entre la France et l’Espagne, permit aux abbés de Lagrasse de jouer un rôle prépondérant dans les affaires politiques et religieuses du Midi.
Les donations provenant de riches seigneurs de la région et même des comtes de Barcelone, étaient constituées de terres, villages, châteaux, églises et monastères. On a dénombré 6 abbayes, 25 prieurés, 67 églises sur 7 diocèses et 91 places du royaume de France et du comté du Roussillon, ayant dépendu, à diverses époques, de l’abbaye de Lagrasse.
Soixante-quatre abbés se succèderont à la tête de l’abbaye, du Moyen Âge à la Révolution. Nimfridius, archevêque de Narbonne, en fut le premier et le fondateur. Il adopte, pour Lagrasse, la règle de Saint Benoît de Nursie (bénédictins). Au XVIIème, suite à une longue période décadente, l’abbaye sera intégrée à la congrégation de Saint Maur, et la réforme qui en découlera amènera un grand renouveau monastique à Lagrasse. Au XVIIIème siècle, Armand Bazin de Bezons, avant dernier abbé et évêque de Carcassonne, entreprend la construction du palais abbatial et du cloître actuels. A la Révolution, l’abbaye ne compte plus que 14 moines qui quitteront définitivement Lagrasse, en 1792.
http://www.lagrasse.fr/historique.html
14 juin 2007
le Razès
En 1845, cent ans après la publication du dernier tome de l’Histoire Générale de Languedoc, commandée en 1715 par les Etats provinciaux aux Pères Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur : dom Claude Devic et dom Joseph Vaissete - une œuvre monumentale qui, en trente années de travail et cinq volumes, relate l’histoire de la province, de ses origines à la mort de Louis XIII (1643) – le chevalier Alexandre du Mège entreprend de la vulgariser et de la pour- suivre jusqu’en 1830. Trente ans avant que la maison d’édition Privat ne s’intéresse à une nouvelle - et dernière - réédition en quinze volumes cette fois (1872-1890), cette publication intermédiaire, réalisée par l’imprimeur toulousain J.B. Paya, jusqu’ici peu connue voire ignorée, se voulait accessible à un public plus large par son prix modique et une présentation faite pour faciliter la consultation. Outre le mérite de sa typographie moderne et de son organisation en dix tomes, cette édition a l’avantage, à travers d’abondantes notes, de décrire les principaux monuments de la région et de préserver les textes occitans originels, qui lui conservent une authenticité culturelle et linguistique. Aujourd’hui cette nouvelle impression est née de notre volonté puisée tant à Pézenas, ancien siège des Etats de Languedoc, qu’à Nîmes, jadis capitale des Volques Arécomiques. C’est là auprès de Christian Lacour - éditeur populaire nîmois - que nous avons trouvé l’assentiment enthousiaste de faire renaître les travaux des Pères Devic et Vaissete et du Toulousain Alexandre du Mège. Que les Languedociens et les autres, érudits ou simples curieux de l’histoire de cette province « du bout du Royaume », utilisent ou découvrent avec profit cet ouvrage, enfin plus accessible, telle est notre unique ambition. Claude ALBERGE - Jean-Claude SEGUELAHistoire générale de languedoc
DOM Claude DE VIC DOM Joseph VAISSETE
Les Sarrasins en Septimanie
de Charles-Martel à Charlemagne.
785 - Livre IX - VII - Origine du comtez de Rasez et de Fenoûilledes.
Charlemagne et le roi Louis son fils établirent le même gouvernement dans les autres villes de ce pays dont ils se rendirent maîtres dans la suite, c’est-à-dire qu'après en avoir chassé les Sarasins, ils y mirent des troupes Françoiscs. Il y eut cependant quelques gouverneurs Arabes qui continuèrent de reconnoitrc la souveraineté de nos rois ; mais ce ne fut la plupart du tems que pour se rendre indépendant, et s'affranchir, à la faveur de la protection de ces princes, du joug des émirs qui regnoient en Espagne. On croit que Charlemagne partagera vers le même-tems les diocèses de cette frontière en plusieurs comtez ou gouvernemens particuliers, afin de veiller plus facilement à la garde du pays ; au lieu que suivant la police jusqu'alors en usage dans le roiaume, un diocèse ne composoit qu'un comté ou gouvernement particulier.
C'est aussi sans doute par la même raison que ce prince divisa en plusieurs comtez quelques diocèses de la Septimanie, voisins de cette frontière ; on en usa de même dans la suite à l'égard des diocèses du roiaume les plus étendus. Les anciens monumens nous apprennent que dès la fin du VIIIe siècle et au commencement du IXe le diocèse d'EIne étoit partagé en deux comtez, de Roussillon et de Conflans, et que les comtez de Rasez et de Fenoûilledes qui furent démembrez de celui de Narbonne ou de l'ancien diocèse de cette ville, subsistoient alors. L'ancien comté de Rasez (Redensis) tiroit son nom d'un château du pays appelle Redas, lequel ne subsiste plus. Il s'étendoit sur tout ce qu'on appelle encore aujourd'hui le Rasez ou officialité de Limoux qui dépend pour le spirituel du diocèse de Narbonne ; et sur une partie de celui d'Alet dont le reste étoit compris dans le comté ou pays de Fenoûilledes. Comme les anciens comtez avoient la même étendue que les diocèses, il arriva dans la suite qu'on donna quelquefois le nom de diocèse a plusieurs de ces nouveaux comtez démembrez des anciens ; c'est peut-être ce qui donna lieu aux archevêques de Narbonne de se dire archevêques de Narbonne et de Rasez. Il est pourtant plus vraisemblable que ce fut a cause que le Rasez demeura uni au roiaume d'Aquitaine après que le comté de Narbonne en eut été démembré en 817 avec la plus grande partie de la Septimanie, comme on le verra ailleurs, et parce que le diocèse de Narbonne demeura partagé depuis ce tems-là pour le temporel entre deux gouvernemens différens. Cette distinction dure encore de nos jours. Les archevêques de Narbonne tiennent actuellement un officiai ou vice-gérant à Limoux capitale du Rasez pour le jugement des affaires ecclésiastiques de ce pays pour le temporel fait un diocèse particulier. Il est joint pour les contributions et la députation aux Etats avec celui d'Alet.
10 juin 2007
Guillaume de Gellone et les Princes Carolingiens
PARENTE ENTRE LA FAMILLE DE GUILLAUME DE GELLONE ET LES PRINCES CAROLINGIENS
Pépin le Jeune ou Pépin de Herstal épouse Plectrude : 2 fils dont Grimoald II et Drogon
Pépin le Jeune et sa concubine Alpaide : Charles Martel et Hildebrand ou Childebrand
Charles Martel et son épouse Chrotrude ou Rotrude (+724) :
1) Pépin - Carloman et Hiltrude
- Pépin le Bref roi des Francs de 751 à768
Né vers 715, il est le fils du maire du Palais Charles Martel et de Rotrude.
A la mort de son père, Pépin surnommé le « bref » à cause de sa petite taille hérite de la mairie du palais de Neustrie ainsi que du gouvernement de la Burgondie
Epouse Berthe ou Bertrade qui est la fille de Charibert comte de Laon possessionné à Meaux comme dans l’Eifel, qui est lui-même fils de Bertrade l’Ancienne fondatrice de Prüm.
Charles Martel avait pour mère Chalpaide ou Alpaide qui devait être une cousine de Bertrade l’ancienne. Pépin le Bref et Bertrade se trouve donc cousin au quatrième degré.
Carloman (+754)
Hiltrude (754) épouse Odilon de Bavière (748) d’où Tassilon III de Bavière
Charles Martel et Swanahilde : 1 enfant
Griffon (753)
Charles Martel et Rundhait : 3 fils :
Bernard, Jérôme et Rémi
et deux filles : Aude et Guntrade
Bernard épouse Chrodelinde (sœur de Berthe) d’où 5 enfants :
Adalard - Wala – Guntrade- Bernard et Théodrade
Rolinde, fille de Guillaume de Gellone épouse Wala abbé de Corbie et de Bobbio
Aude épouse Thierry comte d’Autun parent de Berthe
Hildebrand ou Childebrand comte de Melun, duc en Bourgogne demi-frère de Charles Martel, d’où : Nibelung
08 juin 2007
BENOIT DE NURSIE (480-547)
BENOIT DE NURSIE (480-547)
Statue de saint Benoît
Chapelle
St-Paul-hors-les-murs
[ Rome, Italie ]
Il est né à Nursie en Italie. Cette ville se situe à une centaine de kilomètres au nord- est de Rome dans l'ancienne province de Valérie. Il reçoit le nom de Benedictus « Béni » qui devient Benoît par la suite.
Sa famille est assez aisée et profondément chrétienne. Elle donne à Benoît la possibilité d'aller étudier le droit et les lettres classiques à Rome, pour devenir fonctionnaire. C'est donc un adolescent que nous retrouvons dans la capitale en compagnie de son ancienne nourrice Cyrilla, qui est là, pour veiller sur son éducation à la demande de ses parents. Ils habitent dans les dépendances d'une petite église sur la rive droite du Tibre.
Mais Benoît est vite déçu par la morale douteuse de cette population romaine et encore plus des étudiants qui ne pensent qu'à s'amuser. L'enseignement décadent que l'on dispense dans les établissements scolaires ainsi qu'une culture trop mondaine, ne sont pas du tout à son goût. Ne pouvant plus supporter cette vie trop tapageuse, Benoît informe Cyrilla qu'il souhaite abandonner ses études pour se retirer du monde et se consacrer à Dieu. D'un commun accord, ils décident de fuir tous les deux vers le sud. Ils partent à pied et se dirigent vers l'est de Rome. Ils parcourent ainsi une cinquante kilomètres. Les voilà à Enfide, petite bourgade dans les montagnes à quelques distances de Subiaco.
Il s'installe avec sa nourrice, comme tous les voyageurs et les pèlerins à la recherche de Dieu dans l'hôtellerie qui jouxte l'église paroissiale. Il passe de longues heures dans cette petite église. Il écoute, s'instruit et prie.
Il attend le signe de sa vocation.
Elle va arriver d'une façon complètement inattendue, par l'accomplissement d'un miracle dont va témoigner sa nourrice à qui veut l'entendre.
Connu subitement, le bruit d'une gloire naissante fait fuir Benoît à nouveau mais cette fois, il abandonne sa nourriœ Cyrilla pour se réfugier à Subiaco. En chemin, tout près de l'endroit exactement où Néron se fit un construire un magnifique palais d'été, il rencontre fortuitement un moine nommé Romain qui vit dans un monastère dirigé par l'abbé Adéodat.
Benoît n'a qu'une idée en tête: se cacher des hommes et s'isoler de tout. Aidé par Romain il peut ainsi vivre retranché pendant trois ans dans une grotte complètement inaccessible et invisible tout près du monastère, ravitaillé seulement par son ami moine.
Grâce à ce dernier, Benoît porte l'habit monastique et peut continuer à étudier les textes sacrés. Hélas, arrive le jour où Romain ne vient plus, (mort ?) ce qui oblige certainement notre ermite à jeûner pendant un petit moment. Mais la providence divine veille et il est découvert par un curé de campagne qui lui apporte des provisions le jour gion. Les curieux mais aussi les villageois et aussi les bergers se pressent avec des fromages devant la grotte pour écouter Benoît. Puis quelques temps après, arrivent des moines de la communauté de Vicovaro qui se trouve à une trentaine de kilomètres de Subiaco qui lui demandent d'être leur abbé. Après une longue hésitation, il finit par accepter.
En 510, Il est à peine âgé de trente ans. Très vite, Il est surpris par l'étrange comportement de ces religieux qui sont loin des préceptes de saint Pacôme (institution de la première communauté religieuse). Il veut réformer sans tarder ce bizarre monastère qui est bien relâché selon lui.
Il est fermement décidé à œuvrer vers une observance plus stricte en imposant des horaires et une plus grande stabilité à l'intérieur de cette curieuse communauté.
Mais son inexpérience de la vie commune, sa jeunesse, sa rigueur ascétique, son intransigeance lui attirent l'incompréhension et la jalousie des religieux. Voyant que même l'opposition de ce groupe n'arrive pas à faire renoncer l'abbé dans sa ligne de conduite, il échappe de justesse à une tentative d'empoisonnement.
Déçu et profondément bouleversé, il s'en retourne à la solitude et à la vie contemplative dans la grotte de Subiaco. Mais pas longtemps car sa réputation est telle qu'il est bientôt rejoint par plus de cent cinquante compagnons qui souhaitent vivre avec lui en communauté.
Il réussit à obtenir une autorisation officielle pour habiter près d'un lac ou se trouve une somptueuse résidence publique ayant appartenu autrefois à Néron.
Il eut l'idée de diviser la communauté en douze petits monastères de douze moines chacun plus un monastère central dédié à Saint Clément qu'il se réserva.
A cette époque on va confier à Benoît l'éducation des enfants de la noblesse romaine. Deux enfants retiennent particulièrement l'attention de Benoît: Maur fils d'Euthicius et Placide fils de Tertullus haut dignitaire.
En 529, il fonde un monastère sur le Mont-Cassin. Peu avant de mourir, en 547, il rédige à partir de sa propre expérience sa règle.
07 juin 2007
Benoit d'Aniane, ami de Guillaume de Gellone
BENOIT D'ANIANE (750 -821)
Il est le fils d'un aristocrate languedocien wisigoth, Aigulphe, comte de Maguelonne. A cet effet, il passe toute sa jeunesse à la cour de Pépin le Bref, connu sous le nom de Witiza et devint tout naturellement échanson de la reine. Quelques années plus tard, vers 773, il participe avec Charlemagne à l'expédition contre les Lombards en Italie. Il est destiné à une brillante carrière militaire. Pourtant en 774, il décide de s'enfuir de la cour à la suite d'un événement dramatique en voulant sauver son frère d'une noyade. A partir de là, il prend la décision de se retirer du monde pour se convertir à la voie monastique.
Il se retire dans un monastère bourguignon, à Saint Seine les Dijon. Là, il étudie les nombreuses règles en usage (règle de Pacôme et de Basile mais aussi de Colomban). Elu abbé de ce monastère, il s'inspire des Pères orientaux et des Irlandais et applique une ascèse très rigoureuse. Pourtant malgré ses efforts il n'arrive pas à ramener ses frères à un mode vie plus stricte, qu'il trouve beaucoup trop relâché. Particulièrement déçu, il quitte l'abbaye bourguignonne au bout de six années et fonde avec quelques disciples son propre monastère en 780 sur les terres familiales à Aniane, près de Montpellier. Il se convertit une nouvelle fois et se choisit dès lors le nom de Benoît.
Aniane connut grâce à son abbé, un succès et un essor considérable. Il obtint de Charlemagne des lettres d'immunités et la reconnaissance de la liberté d'élection de l'abbé. Pour son monastère, Benoît adopta la règle de saint Benoît de Nursie mais il la modifia et la compléta avec la règle de Colomban. Il rédigea la « concorde des règles », s'appuyant sur ses commentaires de la règle de saint Benoît de Nursie. Plus de trois cent moines formés dans ce monastère s'éparpillèrent dans tout l'empire pour répandre la règle bénédictine, réformer les anciennes abbayes et en fonder de nouvelles.
Soutenu par Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, de l'abbé de Saint-Martin de Tours et l'évêque d'Orléans, Benoît en profite pour faire appliquer avec beaucoup d'intelligence la règle bénédictine dans plus de vingt monastères en Aquitaine, dont principalement Gellone, Saint-Savin et Massay. Le sud de la Loire va aussi progressivement profiter peu à peu de cette réforme.
Benoît D'Aniane se distingua tout particulièrement aussi dans la lutte contre l'Adoptianisme, considéré comme une hérésie par l'église. Propagé par Félix d'Urgel, évêque d'Urgel en Espagne et Elipand archevêque de Tolède, cette religion considère le Christ comme Dieu par nature mais comme homme par adoption de Dieu en tant que fils.
Comme Elipand se trouvait sur un territoire appartenant aux Maures, la paix lui fut relative mais par contre Félix d'Urgel lui fut obligé de se rétracter en 792 par la condamnation de Rastibonne. Selon le concile de Francfort, l'Adoptianisme fut réprouvé en 794. On ne sait si Benoît d'Aniane assista au concile mais en tout cas il fut aidé dans ce combat par Alcuin et Nebridius (abbé de Lagrasse jusqu'en 800 puis archevêque de Narbonne jusqu'en 828) ses deux amis. Charlemagne en 799 confia une mission à Benoît accompagné de Nebridius et de Leyrade archevêque de Lyon pour se rendre dans les marches d'Espagne pour mettre fin à l'adoptianisme.
Saint Michel
LE CULTE DE SAINT MICHEL
Michel: qui est semblable à Dieu
Ange : messager
Chef de l'armée céleste, il est présenté comme protecteur du peuple d'Israël.
Saint Michel était autrefois le prince de la synagogue mais qui par la suite deviendra le prince de l'église.
C'est en Orient que naît le culte de Saint Michel.
Il est principalement célébré dans des endroits beaucoup plus élevés pour notifier un symbole de puissance (domination) et de Spiritualité (rapprochement du ciel et de la terre) mais aussi recherché par les nombreux courants vibratoires naturels.
D'abord à Byzance par l'empereur Constantin qui en 314 fera édifier un sanctuaire mais il sera célébré également à Alexandrie.
En occident c'est d'entrée en Italie qu'il se développe dès les premiers siècles de l'église chrétienne. La première apparition de ce saint sera recensée au Mont Gargano en 492.
Saint Michel sera le protecteur et le gardien de la foi des Francs.
(photo - Christian Tarrozi)
C'est en 708 que saint Aubert évêque d'Avranches voit au moins trois fois Michel en songe et qu'il se décide enfin sur ordre de celui-ci à construire une église célèbre dans un lieu appelé « Tumba » et d'y célébrer la mémoire de saint Michel l'archange comme sur le mont Gargano. L'évêque d'Avranches ne sachant où trouver l'endroit exact demanda de l’aide à l'archange qui lui donna une précision supplémentaire: à l'endroit où il trouverait un taureau que des voleurs avaient caché.
Mais notre brave évêque hésitait encore pour la dimension exacte à donner à cette église, alors Saint Michel dit de « donner les proportions que les vestiges des pied célèbres du taureau auraient tracées sur le sol ». (La Légende dorée – Jacques de Voragine - Flammarion 1967)
Saint Aubert consacra sa chapelle le 16 octobre 709 et plus tard une abbaye vit le jour en instituant un collège de douze clercs ou chanoines pour« s'employer à célébrer l'office divin... lesquels il dota de rentes et revenus suffisants pour leur nourriture et vestière, leur donnant à cet effet les villages d'Huynes et de Genest ». (Histoire Générale de l'abbaye du mont saint Michel au Péril de la Mer- dom Jean Huynes - 1872)
En occident, Saint Michel est aussi invoqué pour l'obtention de victoires militaires
C'est l'ange des combats et des triomphes.
Charles Martel enverra son épée au Mont Michel alors que Charlemagne de retour d'une expédition contre les saxons fera peindre l'image de Saint Michel sur les drapeaux avec cette devise:
« Voici Michel qui m'a secouru ». LE MESSAGER
Dans la Bible, les anges tiennent un rôle important et leur hiérarchie est en fonction de la proximité du trône de Dieu.
- Michel ou Mikaël qui est associé à mercure, planète la plus proche du soleil.
C'est le vainqueur des dragons.
Mercure est la planète la plus rapide. C'est un principe d'échanges, de mouvement et d'adaptation, la liaison par excellence alliée à l'intelligence, symbole d'Hermès.
Hermès est représenté avec des sandales ailées, ce qui lui donne force et élévation et le déplacement rapide. Il fut également choisi par Zeus pour servir de messager auprès des Dieux des Enfers, Hadès et Perséphone. Il est le messager de la bonne nouvelle entre le ciel et la terre.
Hermès est aussi le guide des âmes comme accompagnateur vers la mort.
Les juifs à l'époque de Charlemagne
...dans la deuxième moitié du VIIIe siècle, les Juifs d’Europe commencèrent à sortir de l’obscurité qui les enveloppait depuis de si longues années. Quoique Charlemagne, le créateur de l’empire germano-franc, protégeât l’Église et aidât à établir en Europe la suprématie de la papauté, il avait l’esprit trop large pour partager les préjugés du clergé à l’égard des Juifs. Contrairement aux lois ecclésiastiques et aux dispositions des conciles, il se montra favorable aux Juifs de son empire et utilisa l’intelligence remarquable de l’un d’entre eux, qu’il chargea d’une mission en Syrie et qui importa dans l’empire franc les produits de l’Orient. Jusque-là, on châtiait les Juifs qui achetaient ou prenaient en gage des vases d’église : Charlemagne décréta qu’on punirait, au contraire, très sévèrement les ecclésiastiques ou les servants d’église qui vendraient ou donneraient ces vases en gage, et que les Juifs seraient tenus pour innocents de ces sacrilèges.
Les Juifs étaient, en ce temps, les principaux agents du commerce d’exportation et d’importation. Pendant que la noblesse se consacrait aux travaux de la guerre, que la petite bourgeoisie exerçait des métiers et que les paysans et les serfs se livraient à l’agriculture, les Juifs, éloignés de l’armée et empêchés, avant Charlemagne, de posséder des terres, achetaient et vendaient des marchandises et des esclaves ; Charlemagne leur octroya même certains privilèges pour favoriser le développement du commerce. Ce ne fut pas seulement la situation matérielle des Juifs qui s’améliora sensiblement sous cet empereur, ils s’élevèrent aussi à un plus haut degré de culture intellectuelle. Pour mettre à leur disposition les moyens de s’instruire, Charlemagne fit venir de Lucques à Narbonne (vers 787) deux savants juifs, Kalonymos et son fils Moïse, auxquels il céda une immense étendue de terrain pour y construire des maisons et qu’il investit du droit de souveraineté sur la communauté juive ; il avait placé dans les mêmes conditions un cheikh arabe à la tête des musulmans. Jusqu’au moment où les Juifs furent bannis de France, Kalonymos et ses descendants portèrent le titre de prince (nassi), et le quartier qu’ils habitaient s’appelait la cour du roi du Juifs (Cortada regis Judœorum). — Sur l’ordre de Charlemagne, quelques membres de la famille de Kalonymos s’établirent à Mayence.
On sait que Charlemagne adjoignit un Juif, Isaac, aux ambassadeurs qu’il envoya (797) auprès du puissant khalife Haroun-ar-Raschid. Isaac n’accompagna, il est vrai, les deux ambassadeurs Landfried et Sigismond qu’en qualité d’interprète, mais il était initié aux secrets diplomatiques de l’empereur. Les deux ambassadeurs étant morts en chemin, il rapporta seul la réponse et les riches cadeaux d’Haroun-ar-Raschid et fut reçu, à Aix-la-Chapelle, en audience solennelle par Charlemagne.
Traités avec bienveillance dans l’empire germano-franc, où ils pouvaient posséder des terres, exercer des métiers et devenir armateurs, et où ils n’avaient à subir ni tracasseries, ni vexations, les Juifs s’établirent dans plusieurs régions de l’Allemagne. On les trouve en grand nombre, au IXe siècle, dans les villes de Magdebourg, Mersebourg et Ratisbonne. De là, ils se répandirent jusque dans les contrées habitées par les Slaves, au delà de l’Oder, jusqu’en Bohème et en Pologne. Malgré ses sentiments de justice et son esprit éclairé, Charlemagne ne put cependant pas s’élever complètement au-dessus des préjugés de son époque, et il maintint la distinction qui existait entre les chrétiens et les Juifs en imposant à ces derniers une formule spéciale de serment. Quand les Juifs comparaissaient en justice comme témoins ou plaignants contre un chrétien, ils ne pouvaient prêter serment qu’entourés d’épines, tenant de la main droite le rouleau de la Loi
et appelant sur eux, en cas de parjure, la lèpre de Naaman et la mort de Coré et de sa faction ; faute d’un exemplaire hébreu de la Thora, ils pouvaient prêter serment sur une Bible latine.
http://www.mediterranee-antique.info/Moyen_Orient/Graetz/HJ_314.htm







