Après ses brillantes victoires de 802 et 803, le comte Guillaume de Toulouse devenu veuf désira abandonner ses charges auprès de Charlemagne. Il voulait surtout se retirer dans un monastère. A cette annonce, Charlemagne invita son cousin à un pèlerinage à Rome. Agenouillés tous les deux devant le pape Léon III, Charlemagne reçu de ce dernier une relique de la vraie croix

Sur les conseils de son ami Benoît d'Aniane, il fonde et dote en 804 Notre Dame de Caseneuve à Goudargues au diocèse d'Uzès et Saint Sauveur de Gellone au diocèse de Lodève.

Le moine et biographe de Benoît d'Aniane, Ardon Smaragde décrivait cette vallée de Gellone « comme un lieu si retiré, que quiconque aime la solitude doit nécessairement s'y bien trouver. On y voit environné de toutes parts de très hautes montagnes où s'accrochent les nuages et ce ne peut-être que pour se livrer à la prière et à la méditation que l'on va chercher une pareille retraite, car nul endroit n'est plus propice au recueillement ».

En 806, sa vocation se précisant de plus en plus, il entreprend un pèlerinage à Saint -Julien de Brioude où il laissera ses armes. Puis après avoir réglé définitivement sa succession et obtenu l'autorisation de quitter toutes ses charges au sein du royaume, Guillaume revêtit le 29 juin 806 l'habit monastique. Lorsque Guillaume devint moine, il reçut à son tour la relique de la vraie croix des mains de Charlemagne. Cette relique fera de saint Guilhem du Désert le lieu privilégié des grands rassemblements de pèlerins unis dans la foi chrétienne.

En se retirant à Gellone, Guillaume de Toulouse a sûrement apporté avec lui des livres liturgiques dont le fameux manuscrit appelé «Sacramentaire de Gellone»

photos et texte ci dessous de Christian : http://imagesdenotrebellefrance.hautetfort.com/souvenirs_de_l_herault/

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Vue de l'abbaye depuis l'abside

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Joyau de l'art roman, ce sanctuaire est l'un des plus importants foyers spirituels et culturels du Languedoc, bénéficiant à travers les siècles du rayonnement de son Saint fondateur et de la présence en ses murs des trésors qu'il y abrita.

Le monastère de Gellone est inscrit aujourd'hui au Patrimoine Mondial de l'U.N.E.S.C.O., au titre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France.

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Autel de Guilhem

Pièce d'art appartenant au XII° siècle. Son étude approfondie permettra un jour peut-être qu'il s'agit d'une oeuvre du IX° siècle. Il pourrait être "l'autel étincelant" dont nous parlent les textes. Autel, que Guilhem aurait ramené d'Aix-la-Chapelle jusqu'à sa retraite Gellonaise.

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Au sud de l'abbatiale se trouvent les vestiges du cloître dont il ne subsiste que la galerie nord et une partie de la galerie ouest du XI° siècle. A l'origine d'un cloître à étage, au XIII° siècle, il abrita jusqu'à 120 moines.

Ce cloître sera ébranlé à l'occasion d'une crue terrible du ruisseau "Verdus", en 1817. Plus tard, au début du XX° siècle, une grande partie des scultures du cloître (150 pièces) furent cédées à l'architecte américain Georges Grey Barnard. Cette collection constitue aujourd'hui, l'un des joyaux du célèbre Musée des Cloîtres à New-York.